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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 10:50

Disciples et Discipline (1)

[Traduction de l’article « Disciples and Discipline ». Revue  Theosophy, VII, août 1919 – pp 307-310]

Tout homme désire la connaissance et, dans une certaine mesure, il fait des efforts, dans une direction quelconque, pour l’acquérir. C’est cela l’état du disciple, car le terme disciple signifie simplement apprenti.

Il y a dans le monde, de nombreux dévots, ou disciples, en quête de la connaissance. Ceux qui étudient les différentes techniques et sciences s’efforcent de comprendre la nature et l’action des différents éléments chimiques, ainsi que les nombreuses forces et énergies qui composent la nature physique dans sa totalité. D’autres formes de connaissance sont étudiées par une autre catégorie d’élèves. Ils font tous des progrès, chacun selon la force de son désir, la constitution de sa propre nature, ainsi que les moyens mis en œuvre.  

Nous observons en nous-mêmes, et chez les autres, que les taux de progrès et d’acquisition dépendent, en premier lieu, de l’intensité de notre désir. Cette intensité peut atteindre un tel degré qu’elle arrive à une concentration permanente dans le sens recherché ; dans ce cas, le courant entier des énergies est orienté dans une seule direction, au point où tous les autres objectifs deviennent mineurs et subsidiaires, en ne servant finalement que de nourriture et de carburant pour atteindre l’unique grand objectif.Saisissez du texte, l'adresse d'un site Web ou importez un document à traduire.

Alpha

 

Nombreux sont ceux qui ont possédé cette force de concentration et d’énergie fixée sur un seul objectif et l’ont ainsi réalisé, pour ne s’apercevoir, finalement, que de l’absence de toute valeur attribuable à l’objectif lui-même. « L’orgueil de l’héraldique, la pompe du pouvoir, et tout ce que la beauté, tout ce que la richesse a jamais pu donner, attendent de la même manière l’heure inévitable ; les sentiers de la gloire ne mènent qu’à la tombe. » Le succès engendre la satiété ; la satiété l’autosatisfaction et de là on récolte l’échec et le découragement ; le découragement génère le désespoir, et le désespoir la mort.

Par des succès et des échecs répétés, Arjuna a compris que tout objet terrestre recherché quel qu’il soit, ne peut apporter rien d’autre qu’un simple bonheur temporaire, et au moment critique où il sombre dans le désespoir, il se pose à lui-même la question la plus ancienne et la plus embarrassante au monde : quelle est l’utilité de quoi que ce soit ?

Et la réponse lui vient de l’intérieur de lui-même, car Krishna représente le Soi Supérieur en chacun – l’aspect le plus profond, la partie la plus mystérieuse et la plus durable en nous. L’Âme immortelle doit rechercher un but également durable, si jamais elle veut réaliser la connaissance suprême, le pouvoir suprême, la félicité suprême. Et ce but suprême n’est rien d’autre que l’Âme elle-même. Voilà ce que signifie l’expression « connaissance spirituelle. » Car, alors que la connaissance spirituelle embrasse en vérité toutes les actions sans exception, et par conséquent l’ensemble de ce que nous appelons la nature, en elle-même elle n’est rien de tout ce qu’elle embrasse ou inclut. Elle inclut toutes les choses, car toutes les choses émanent de l’Âme, mais la connaissance spirituelle, pure et simple, est la connaissance de l’Âme qui est l’agent créateur de tout, le préservateur, et le destructeur de tout dans la nature. Tout ce qui se trouve dans la nature embrasse beaucoup plus d’actions et de choses que celles auxquelles nous nous intéressons ou dont nous avons connaissance actuellement, ou encore qui sont les objets de nos désirs et de notre dévotion. Peu importe le degré élevé ou la valeur que de tels objets peuvent sembler avoir pour nous dans nos rêves, et dans nos aspirations, après recherche, découverte et réalisation de ces objets, ils apparaîtront comme illusoires, inconsistants, comme autant de poussières et de cendres dans la bouche, que le sont tous les autres objets après lesquels courent les hommes actuellement. Ils ne peuvent jamais apporter la satisfaction à l’Âme, car ils sont finis et temporaires dans leur nature, alors que l’Âme qui cherche à les obtenir est illimitée et éternelle dans sa nature.

En fait, la connaissance spirituelle, ou la connaissance de l’Âme, est ce que, tôt ou tard, chaque Âme devra parvenir à voir, comme le seul objectif digne d’intérêt, auquel tous les autres objectifs sont subordonnés, c'est-à-dire simplement des voies et des moyens, comme des degrés de l’échelle permettant de s’élever jusqu’à la réalisation de l’Âme.

Quand un être a atteint cet état mental, ou ce stade d’évolution de son Âme, il peut être réellement appelé Disciple de la Religion-Sagesse, ou Théosophie, ou encore Connaissance Spirituelle, car toutes ces expressions désignent la même chose. Personne ne fait de lui un disciple ou le choisit comme tel. Il le devient en raison de sa croissance et de son expérience. Le véritable Théosophe, ou disciple, n’est pas tel, en raison de son association à une organisation théosophique, ou par la lecture de livres, de professions de foi, ou par une observance ou pratique extérieure quelconque ; ni par ce qu’il possède, ni par ce qui lui manque, mais par ce qu’il est.

Est disciple de la Connaissance Spirituelle, ou Théosophie, celui qui, en premier lieu, le désire profondément et ardemment, et, par suite, fait des efforts en vue de l’acquisition, et, à ce stade, nous en venons à la question des voies et des moyens à employer. Car il ne suffit pas d’avoir choisi un objectif, le meilleur fût-il. L’effort est requis et cet effort doit être soutenu et orienté dans la bonne direction.

Le quatrième chapitre de la Bhagavad-Gîtâ passe en revue les nombreuses sortes de disciples, à l’essai, ou probationnaires – ceux qui désirent réellement la connaissance spirituelle, mais dont les efforts sont, en fait, mal dirigés. Ils obtiennent tous quelque chose, car tout effort dans une direction quelconque produit des résultats, mais ces pseudo-disciples manquent le grand But. Alors, que gagnent-t-ils donc ? La Bhagavad-Gîtâ déclare que « tous ces différents types d’adorateurs sont, par leurs sacrifices, purifiés de leurs péchés » [B.G., IV, 30]. En langue usuelle, cela revient à dire qu’ils finissent tous par découvrir leur erreur. Découvrir qu’on s’est égaré n’est pas un motif de découragement ; pour l’Âme sincère, c’est l’occasion d’exprimer de la gratitude. Mais ce bénéfice, aussi grand soit-il, est négatif : découvrir que nous nous sommes trompés quant à notre objectif, ou à la direction que devrait emprunter notre dévotion, ne signifie pas découvrir en soi le véritable but ou la vraie méthode.

Mais, après bien des efforts et des échecs dans le choix de notre objectif ou les moyens pour y parvenir, nous apprenons un peu d’humilité, et c’est alors que nous pouvons entendre la voix du Soi Supérieur et fixer pour nous-mêmes le véritable but et la vraie dévotion, ou les moyens de sa réalisation. Ainsi, à la fin du chapitre, Krishna conclut en disant qu’à partir du moment où la Connaissance Spirituelle a été choisie comme le seul objet à atteindre, il faut chercher à l’obtenir, « par le service, par une puissance recherche, et au moyen des questions et de l’humilité » [B.G., IV, 34].

Y parvenir requiert de la discipline, c'est-à-dire la méthode par laquelle le disciple parvient à apprendre. La Discipline par qui, et exercée sur qui ? Par chacun et sur soi-même.

À suivre…

 [Remarque : Les références dans la Bhagavad-Gîtâ sont tirées des ouvrages édités par Textes Théosophiques, à Paris et disponibles en ligne sur le site www.theosophie.fr.]


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