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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 22:03

ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

II – L’attitude nécessaire

« VIVRE AU BÉNÉFICE DU GENRE HUMAIN EST LE PREMIER PAS.
PRATIQUER LES SIX VERTUS GLORIEUSES EST LE SECOND. » La Voix du Silence.

« Inévitablement chaque lecteur jugera les enseignements donnés, à partir du point de vue de sa connaissance, expérience et état de conscience, fondé sur ce qu’il a déjà appris. »  S.D. I, xlvi.

« Le vrai philosophe, l’étudiant de la Sagesse ésotérique, perd entièrement de vue les personnalités, les croyances dogmatiques et les religions particulières. »  S.D. I, xx.

 

La première étude, publiée le mois dernier [« I – Le Livre et la Philosophie »], se terminait sur l’injonction d’H.P.B. que les enseignements « doivent être totalement ou partiellement acceptés ou rejetés, sur la base de leurs propres mérites » (S.D. II, 449). Dans les deux citations liminaires, elle met en garde l’étudiant contre ses propres limitations, inhérentes à lui-même, et elle lui conseille d’acquérir l’attitude correcte qui lui permettra de comparer et d’évaluer attentivement les enseignements de La Doctrine Secrète. Il doit se rendre compte que ces enseignements sont opposés tant aux dogmes théologiques qu’aux théories scientifiques. Par notre naissance et notre formation, nous avons tous  hérité de croyances religieuses, et acquis des notions scientifiques.  Nous avons du respect pour nos maîtres de jadis, publicistes et hommes célèbres, et cela teinte chacune de nos perceptions sur quelque sujet que ce soit.

La Philosophie ésotérique est sui generis. Elle est la source et le fondement de toute connaissance. Elle n’est pas un rassemblement de doctrines cueillies dans les différentes croyances religieuses – elle est à l’origine de toute idée vraie existant dans toutes les croyances, nouvelles ou anciennes. Elle dépasse la science moderne, car elle couvre un champ bien plus vaste que celui de la matière, et la méthode qu’elle indique pour acquérir la connaissance n’est pas limitée par l’usage combiné des sens et du mental. Sa philosophie n’est pas une spéculation où les données des sens constituent la cour de jugement suprême, car elle montre le moyen d’éveiller la perception directe de l’intuition, qui ne s’oppose nullement, mais illumine la pensée et la raison. Elle insiste sur la nécessité de mettre en pratique les principes d’éthique, qui dérivent de l’observation et de la compréhension des Lois de la Nature, physique et super physique. Elle explique le supranormal, mais ne reconnaît pas le surnaturel. Car, enseignant que la Magie est une Science rendue divine ou démoniaque par le motif et la moralité du pratiquant, elle rejette tout miracle ; elle ne dit pas seulement que l’âge des miracles est passé, elle affirme qu’il n’a jamais existé.

Dans le précédent paragraphe, nous avons examiné : a) la religion, b) la science moderne, c) la philosophie spéculative, d) les lois éthiques, et e) la magie et les miracles. Ces cinq sujets dressent  devant chaque étudiant sans exception des obstacles à la pénétration des principes de la Philosophie Ésotérique ou Religion-Sagesse.

Les croyances religieuses héritées de leur propre famille, barrent la voie à un grand nombre de chercheurs et d’étudiants. Et, dans un pays à fort penchant religieux comme l’Inde, elles sont tout spécialement, une barrière redoutable. Au cours d’une prochaine étude, nous examinerons le problème de l’Unique Véritable Religion et des nombreuses fausses religions, et ceci inclura les vérités contenues dans chaque religion et dissimulées maintenant sous de fausses conceptions, croyances, notions, pratiques, etc… La première idée que l’étudiant désirant comprendre La Doctrine Secrète doit envisager et assimiler, se trouve dans les propositions suivantes d’H.P.B. :

« Il est sans doute nécessaire de déclarer sans équivoque possible que les enseignements contenus dans ces volumes, si fragmentaires et incomplets soient-ils, n’appartiennent exclusivement ni à la religion hindoue, au zoroastrienne, à la chaldéenne, ni à la religion égyptienne, pas plus qu’au Bouddhisme, à l’Islam, au Judaïsme ou à la Chrétienté. La DOCTRINESECRÈTE est l’essence même de toutes ces religions. Ayant jailli d’elle à leurs origines, les différents systèmes religieux sont maintenant amenés à se refondre dans leur premier élément, d’où chaque mystère et dogme avait surgi et s’était développé, avant de se matérialiser » (S.D., I, VIII).

« LADOCTRINE SECRÈTE est la propriété commune d’innombrables millions d’hommes nés sous des climats divers, à des époques que l’Histoire refuse d’aborder et auxquels l’enseignement ésotérique assigne des dates incompatibles avec les théories Géologiques et Anthropologiques. La  naissance et l’évolution de la Science Sacrée se perdent dans la nuit même des Temps » (S.D., II, 794).

La Philosophie ésotérique de la Théosophie n’appartient à aucune religion particulière. Chaque vérité contenue dans toutes les religions lui appartient. Par conséquent, l’étudiant devrait apprendre à examiner les dogmes et les croyances de toutes les religions, y compris de celle dans laquelle il est né, à la lumière de LADOCTRINE SECRÈTE et du livre qui la dévoile La Doctrine Secrète et non faire l’inverse.

Tournons-nous maintenant vers la Science moderne : son influence est plus largement répandue en Occident qu’en Inde, quoiqu’ici également le nombre de « rationalistes » irrationnels qui ont leurs propres convictions religieuses et leurs prêtres-guides soit en nombre croissant. Il y a eu et il y a parmi les étudiants de la Théosophie, ceux qui aimeraient qu’elle reflétât le prestige de la Science. Il est donc nécessaire d’attirer l’attention du lecteur sur les pages 477 et suivantes du Volumes I, dont voici un court extrait :

« Il ne peut y avoir aucun conflit possible entre les enseignements de la Science occulte et ce qu’on nomme la science exacte, là où les conclusions de cette dernière sont assises sur un substratum de faits inattaquables. C’est seulement quand ses ardents partisans, allant au-delà des limites des phénomènes observés dans l’espoir de pénétrer dans l’arcane de l’Être, tentent d’exclure l’Esprit de la formation du Cosmos et de ses Forces vivantes, et de tout attribuer à la matière aveugle, que les occultistes estiment avoir le droit de contester et de mettre en doute leurs théories. La science ne peut pas, en raison de la nature même des choses, dévoiler le mystère de l’univers qui nous entoure. La science peut collecter, classer et généraliser sur les phénomènes qu’elle observe : mais l’occultiste, s’appuyant sur des faits métaphysiques reconnus, déclare que l’explorateur audacieux qui veut sonder les plus intimes secrets de la Nature, doit transcender les limites étroites des sens et transférer sa conscience dans la région du noumène et dans la sphère des causes premières. »

Un nombre comparativement faible d’étudiants est retenu par les conceptions philosophiques individuelles de chacun, pour la simple raison que peu ont une philosophie de la vie avant de venir à la Théosophie. En Inde, cependant, il y a des gens dont la perception mentale est déformée et rétrécie, parce qu’ils gardent un point de vue philosophique (Darshana)  à des fins religieuses ou autres. C’est ainsi qu’un Advaïti et un Vishistadvaïta ne sont pas que des philosophes appartenant à des systèmes de pensée différents, mais ils sont quelque chose de plus. La Philosophie ésotérique « n’est enseignée dans aucune des six écoles de philosophie hindoues [Darshanas], car elle relève de leur synthèse – la septième, qui est la Doctrine occulte » (S.D., I, 269). Les choses étant ainsi, que reste-t-il à dire des écoles philosophiques occidentales qui, comparées aux Darshanas, sont à la fois superficielles et non scientifiques ; superficielles dans leurs spéculations et non scientifiques dans leurs classifications.

Les principes éthiques et moraux qui guident les hommes et les femmes de notre civilisation sont dérivés de la culture moderne, et sont déterminés par des fins mercantiles. La culture et le commerce s’opposent dans la tête et le sang des hommes et des femmes ; l’expression des principes éthiques est très élevée dans les croyances et en paroles, mais elle est très faible dans la pratique réelle et les actes. L’existence même du supranormal étant niée, le côté invisible de la Nature n’est jamais abordé ; et tandis que la Magie est tournée en dérision en tant que science, les miracles sont acceptés avec une foi aveugle. Les penchants personnels ; les groupes formées par les classes, les races, les croyances, les communautés ;  le sens exagéré du patriotisme ; l’orgueil de race, de préjugé de couleur, etc…, affectent le caractère individuel et la moralité publique. Cela obscurcit la capacité de vision clair de l’étudiant, brouille son évaluation des nobles lois éthiques fondées sur la Fraternité Universelle, et l’empêche d’appliquer ces lois. Le lecteur est prié d’étudier attentivement toute la partie intitulée « Évolution Cyclique et Karma » (S.D. I, pp. 634 et suivantes) pour apprendre qu’elle est « la portée ésotérique des cycles Karmiques sur les Lois Éthiques Universelles » ; apprendre « qu’il y a des conditions internes et externes qui affectent la détermination de notre volonté sur nos actions, et qu’il est en notre pouvoir de suivre l’une ou l’autre voie » ; apprendre « à commencer à agir de l’intérieur, au lieu de suivre éternellement les impulsions de l’extérieur » ; apprendre « que les seuls palliatifs aux maux de la vie sont l’union et l’harmonie – une Fraternité dans les actes, et un altruisme qui ne soit pas seulement un nom » ; et finalement, apprendre l’absolue nécessité « d’une unité de pensée et d’action, et d’une recherche philosophique des mystères de l’être ». Tant que cette perception morale n’aura pas été acquise, tout au moins dans une certaine mesure, la compréhension claire des principes de La Doctrine Secrète sera des plus difficiles, et presqu’impossible.

Nous ne pouvons clore cette étude de La Doctrine Secrète sans faire allusion à une classe particulière de lecteurs. La corruption et la déformation des enseignements de ce grand livre ont commencé du temps même d’H.P.B. Ceux qui ont appris leur « théosophie » à une autre source que celle donnée par H.P.B. ont besoin d’un sérieux avertissement : entre ses enseignements et ceux qui passent communément pour de la Théosophie, il y a un gouffre infranchissable ; la différence entre les deux est aussi grande qu’entre le jour et la nuit. H.P.B. fait allusion aux « spéculations insensées et illusoires que beaucoup de théosophes et étudiants du mysticisme se sont permises, ces dernières années, dans leur effort pour imaginer un système complet de pensée à partir des quelques faits qui leur avaient été précédemment communiqués » (S.D. I, VIII). Quand ils furent repérés par H.P.B., ces paroles ne concernaient qu’un tout petit nombre de personnes, qui se comptaient sur les doigts d’une main ; aujourd’hui, hélas, ils sont légion !

H.P.B. a écrit quelque part (voir article, « Fausses Notions sur La Doctrine Secrète ») : « Vraiment, la répugnance de l’étudiant oriental moderne de penser par lui-même est aussi fort que les exactions et les critiques des occidentaux vis-à-vis des pensées des autres peuples ». L’étudiant devra éviter ces deux tendances, lorsqu’il progressera dans les divers sujets d’études exposés au début de cet article.

L’attitude convenable de l’étudiant de La Doctrine Secrète est d’être libre de tout préjugés religieux, scientifiques et philosophiques, et d’aborder ce livre avec un mental ouvert. C’est ainsi qu’il répondra à l’appel lancé par H.P.B. en citant ces paroles de Shakespeare :

« Écouter avec douceur, juger avec bonté. »

 

(à suivre)

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