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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 11:22

VI – La Déité est la Loi

[Traduction du chapitre “Deity is Law” de l’ouvrage Studies in the Secret Doctrine, de B.P. Wadia – Éd. Theosophy Compagny Mumbai – Inde]

 « Il n’y a qu’une Loi éternelle dans la nature, qui tend toujours à réajuster les contraires et à produire l’harmonie finale. C’est grâce à cette loi de développement spirituel, qui dépasse le plan physique et le purement intellectuel, que l’humanité sera délivrée de ses faux dieux, et se trouvera finalement, RACHETÉE PAR  ELLE-MÊME. »   S.D., vol. II, p. 420 [Note 1]

Notre dernière étude a démontré que la notion d’un Dieu Personnel est comme une grille de fer qui barre le chemin vers le royaume de l’entendement. La clef qui ouvrira la grille est connue, c’est : la Loi. La grande contribution de la science moderne, qui brisa les chaînes de la religion et libéra – au moins en partie – le mental de la race est également en rapport avec le concept de loi et d’ordre dans l’univers. La science moderne a prouvé que la croyance aux miracles était une superstition. Mais la tendance matérialiste et mécaniste l’a entraînée trop loin, et elle a trop souvent pris l’attitude arrogante d’affirmer que ce qu’elle ne connaissait pas ne pourrait être connu, et qu’en dehors de sa propre sphère, aucune connaissance exacte ne pourrait être acquise. Malgré cela, en détruisant l’idée de miracle, la Science a servi la cause de la Théosophie et de l’Occultisme. Bien qu’elle ridiculise l’idée d’Esprit et d’un univers spirituel, en démontrant le règne de la loi dans la nature visible, elle aide le travail des instructeurs spirituels qui insistent sur ce point que cette loi infaillible agit aussi dans la nature invisible. Bien qu’il soit vrai que la science moderne ait changé plus d’une fois d’attitude à l’égard du caractère et du mode d’action de la Loi dans la Nature, elle a adhéré à la proposition qu’un certain type de loi opère dans l’univers de matière. La Théosophie est plus formelle sur ce point :

« Tandis que la science décrit l’évolution [de la Vie] au moyen de la matière brute, de la force aveugle, et du mouvement dénué d’intelligence, les Occultistes montrent l’action d’une Loiintelligente et d’une Vie Sensible » (S.D., I, p. 139).

Selon La Doctrine Secrète, la loi et l’ordre gouvernent également l’univers moral ; elle enseigne que « la loi une, absolue, toujours active, et infaillible », œuvre partout (S.D., II, p. 87). La manifestation même de chaque univers est conforme à la Loi impersonnelle, et la Loi préside également à la dissolution de chaque univers. Et ce qui est vrai pour l’univers s’applique également à tous les êtres de cet univers.

Le grand obstacle de la notion du Dieu Personnel doit être éliminé du mental de l’aspirant à la vie spirituelle. Une des questions fréquemment posées est : « Si j’abandonne Dieu, qu’est-ce qui le remplacera ? » La réponse de la science moderne est agnostique, celle de la Théosophie est gnostique. La Théosophie rejette le miracle, le cas fortuit, le hasard ; elle rejette aussi l’idée que le mystère ultime de la Vie (c'est-à-dire : Esprit, Mental, Matière), ne puisse être résolu. Elle répond :

« Très certainement, le hasard est “impossible”. Il n’y a pas de “hasard” dans la Nature où tout est mathématiquement coordonné et où tous les éléments sont interdépendants. Comme le dit Coleridge, “Le hasard est le pseudonyme de Dieu (ou la Nature) utilisé dans les cas particuliers ou Il décide de ne pas montrer ouvertement l’action de Sa main”. Remplacez le mot “Dieu” par celui de Karma et cela devient un axiome oriental » (S.D., I, p. 653).

« Il est vain de dire que les “lois apparaissent quand la Déité s’apprête à créer”, car : a) les lois ou plutôt la Loi, est éternelle et incréée ; et b) la Déité est la Loi, et vice versa. De plus, la Loi une et éternelle suscite et fait se déployer toutes les choses (qui doivent être) manifestées dans la Nature » (S.D., I, p. 152).

Karma, la Loi infaillible, est ce qui remplace la notion de Dieu en Théosophie.

« Karma est une vérité hautement philosophique, et est l’expression la plus divine et la plus noble de l’intuition humaine primitive sur la Déité. C’est une doctrine qui explique l’origine du Mal, qui ennoblit nos conceptions sur ce que doit être la Justice divine et immuable, et qui ne dégrade pas la Déité inconnue et inconnaissable en un tyran fantasque et cruel appelé la Providence » (S.D., II, pp. 305-6).

H.P.B. a écrit longuement dans son langage vif, au sujet de Dieu et de la Loi. Sa déclaration est d’une telle importance que nous considérons opportun d’en donner ici un long extrait (S.D., II, pp. 304-5) :

« De tous les terribles blasphèmes et accusations formulées de fait par les monothéistes contre leurs Dieu, aucun n’est plus grand ou plus impardonnable que cette (presque toujours) fausse humilité, qui pousse le chrétien soi-disant « pieux » à affirmer, que chaque malheur et chaque épreuve non méritée, « est la volonté de Dieu ».

« Sots et hypocrites ! Blasphémateurs et Pharisiens impies, qui parlent dans un même élan de l’Amour et de la Compassion sans limites de leurs Dieu et créateur pour l’homme impuissant, et de ce même Dieu, châtiant les bonnes et les meilleures de ses créatures, en les saignant jusqu’à la mort comme un insatiable Moloch ! Répondrons-nous à ceci en reprenant les paroles de Congreve : « Qui osera accuser la Justice Éternelle ? » Nous disons : La logique et le simple bons sens. Si on veut nous faire croire au « Péché originel », à une seule vie sur terre pour chaque Âme, et à une Déité anthropomorphique qui semble avoir crée les hommes que pour le plaisir de les condamner aux flammes éternelles de l’enfer (et cela, qu’ils soient bons ou mauvais, disent les prédestinatiens), pourquoi tout  homme doué des pouvoirs de raisonnement ne condamnerait-il pas à son tour une Déité aussi vile ? La vie deviendrait insupportable si l’on devait croire à ce Dieu créé par le fantasme humain impur. Heureusement, il n’existe que dans les dogmes humains, et dans l’imagination malsaine de certains poètes, qui croient avoir résolu le problème en s’adressant ainsi à lui :

« O Toi, grand Pouvoir Mystérieux qui a enveloppé « D’orgueil la sagesse humaine, afin de confondre

« La recherche audacieuse et prouver la foi

« De tes présomptueuses créatures !... »

«Vraiment, il faut une « foi » robuste pour croire qu’il est « présomptueux » de mettre en doute la justice de celui qui crée un petit homme impuissant pour l’« embrouiller » et mettre à l’épreuve sa « foi »,  que cette « Puissance » pourra de surcroit avoir oublié, ou négligé, de lui donner, ainsi qu’il lui arrive parfois.

« Comparez cette foi aveugle avec la croyance philosophique, fondée sur chaque preuve raisonnable et sur l’expérience de la vie, en Karma-Némésis, ou la Loi de Rétribution. Cette Loi – qu’elle soit Consciente ou Inconsciente – ne prédestine rien, ni personne…

« Karma n'a jamais essayé de détruire la liberté intellectuelle et individuelle, comme le fait le Dieu inventé par les monothéistes. Ses décrets ne sont pas enveloppés de ténèbres afin de jeter l'homme à dessein dans la perplexité, et celui qui ose en scruter les mystères ne sera pas puni. Au contraire, celui-là travaille pour le bien de l'humanité qui, par l'étude et par la méditation, en dévoile les voies compliquées et obscures, et jette quelque lumière sur ces dédales où périssent tant d'hommes qui ne connaissent pas le labyrinthe de la vie. »

Si l’étudiant-aspirant désire avoir quelques compréhensions de la conception Théosophique de la Déité, il doit commencer par percevoir partout l’action de cette Loi infaillible. Il doit essayer de comprendre que l’univers n’est pas dirigé par le caprice d’un dieu personnel, ni qu’il a été produit par la rencontre fortuite d’atomes. Il y a une intelligence qui œuvre avec harmonie et dessein et qui se manifeste partout dans la Nature, et celle-ci, est le résultat de la Loi. Karma a un aspect métaphysique aussi bien que psychologique : on peut étudier le premier dans le cosmos, et le second dans sa propre vie individuelle.

Les théologiens et les prêtres ont crée une autre difficulté, en interprétant mal ce qu’on désigne par les Noms de Dieu dans les nombreuses religions. Ces noms, qui étaient, à l’origine, des personnifications poétiques et artistiques de symboles abstraits, ont été dégradés, rendus grossièrement anthropomorphes, et même revêtus de chair. La prêtrise a corrompu l’habitude de réciter des chapelets et de faire « Japa » [Note 2] ou de répéter les Noms de Dieu, etc. Les Noms et les Formes léguées à l’origine par les instructeurs spirituels et les grands philosophes, pour la méditation, pour la libération du mental et sa fixation sur des idées élevées, ont été utilisés pour marmotter des prières intéressées à un dieu personnel ou à divers dieux et déesses personnels. Ce que certains théologiens chrétiens ont fait des enseignements de Platon, d’autres l’ont fait pour les instructions des mystiques et philosophes. Voici ce qu’H.P.B. écrit :

« Est-ce Platon, le plus grand élève des Sages archaïques, un sage lui-même, qui n’avait qu’un seul objet en vue dans sa vie – la Vraie Connaissance – qui aurait pu croire en une Déité qui maudit et qui damne à jamais les hommes, pour la plus minime provocation ? Non ce n’est certainement pas lui, qui considérait comme philosophes sincères et étudiants de la vérité que ceux qui possédaient la connaissance : de ce qui existe réellement, en opposition au simple paraître ; du toujours existant, en opposition au transitoire ; et de ce qui existe en permanence, en opposition à ce qui croît, décroît, et est alternativement développé et détruit. Speusippe et Xénocrate suivirent ses pas. L’UN, l’originel, n’avait pas d’existence, au sens que lui attribuent les hommes mortels. “L’ (un honoré) demeure dans le centre comme dans la circonférence, mais ce n’est que la réflexion de la Déité – l’Âme du monde”  – le plan de la surface du cercle ». (S.D., II, pp. 554-5.)

Notre âge est l’âge du matérialisme – non seulement dans la science, mais aussi dans la philosophie et la religion. L’abstrait a été concrétisé dans tous les domaines. Les personnifications poétiques ont été prises par erreur pour des réalités objectives, les forces humanisées de la nature invisible pour de véritables divinités. Dans le mental, tel qu’il est formé aujourd’hui, les Noms et les Formes de Dieu ou des Dieux dans la religion sont non plus une aide, mais comme un obstacle qui empêche de saisir la vérité sur la Déité qui est la Loi. C’est pourquoi La Doctrine Secrète rejette dans la plupart des cas ces personnifications (des Noms) et ces anthropomorphisations (des Formes), pour revenir aux symboles métaphysiques, tels que l’Espace, le Mouvement, le Temps, la Lumière, dont la contemplation nous apporte cette réponse que : « DIEU EST LA VIE. »

Notes :

(1)       N.d.T. : Les références et citations dans La Doctrine Secrète sont prises dans l’édition en anglais, The Secret Doctrine – Ed. The Theosophy Company, USA.

(2)     N.d.T. : Pratiques mystiques de certains yogis, qui consistent à répéter diverses formules et mantrams magiques. (Theosophical Glossary. p.163)  

 

 

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