Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 10:24

ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

III – La préparation et les sujets d’étude

[Traduction du chapitre “The Preparation and the Subjects for Study” de l’ouvrage Studies in the Secret Doctrine, de B.P. Wadia – Éd. Theosophy Compagny Mumbai – Inde]

« Il est laissé à l’intuition et aux plus hautes facultés du lecteur de saisir, autant que possible, le sens des phrases allégoriques du livre. Il importe surtout de se rappeler que toutes ces Stances font appel aux facultés intérieures plutôt qu’à la compréhension ordinaire du cerveau physique. »   The Secret Doctrine [S.D.] I, 21.

 

« L’œil spirituel intérieur et la faculté qui se manifeste à travers lui n’est pas la clairvoyance du voyant telle qu’on la comprend généralement, c'est-à-dire le pouvoir de voir à distance, mais plutôt la faculté d’intuition spirituelle par  laquelle une connaissance directe et certaine peut être obtenue. »  – S.D. I, 46.

 

« Buddhi est la faculté de connaître la voie par laquelle la connaissance divine atteint l’ « Ego » ; c’est aussi le discernement entre le bien et le mal, la « conscience divine » et également l’ « Âme Spirituelle, » le véhicule d’Atma. »  – S.D. I, XIX.

Il n’y a que deux catégories de personnes qui aborderont sérieusement l’étude de La Doctrine Secrète.

La première comprend ceux qui, sur le plan intellectuel, sont curieux d’apprendre quelque chose de la Théosophie, telle qu’elle est exposée par son plus grand instructeur dans sa grande œuvre. Quelques-uns parmi eux utilisent les informations obtenues pour dénigrer le livre et principalement son auteur. D’autres s’approprient les enseignements sans reconnaissance ; et enfin un petit, un tout  petit nombre trouve le chemin vers la Théosophie pratique – ce qui implique une vie d’étude et de service.

La seconde catégorie comprend ceux qui sont déjà des étudiants – soit parce qu’ils ramènent de vies précédentes des acquis déjà prêts de mémoire et de caractère, etc., soit parce qu’ayant contacté la Théosophie, ils se trouvent en affinité pour l’étude de cette œuvre monumentale.

Les ennemis héréditaires de la Théosophie, ou de la Magie Blanche bienfaisante, se servent aussi de ce livre, autant qu’ils le peuvent, pour satisfaire leur but personnel abominable ; qui est l’asservissement du mental humain, afin de créer une entité sans âme agissant comme un pantin entre leurs mains.

Comme ces études sont destinées aux étudiants sérieux et sincères de la Théosophie qui aspirent à devenir des élève-instructeurs guidés par les Maîtres d’H.P.B., nous nous occuperons d’eux, en laissant les autres esprits signalées ci-dessus, à leurs propres opérations et leur propre Karma.

Dans l’article « L’attitude nécessaire », nous avons vu quels étaient dans l’homme les obstacles contre lesquels l’étudiant devait être mis en garde et qu’il devra finalement surmonter. Maintenant nous devons apprendre quelles sont les vertus et les facultés nécessaires pour une compréhension juste et de plus en plus profonde de La Doctrine Secrète. Dans les trois citations données en préambule on trouve la réponse complète. Cependant on ne doit pas penser que l’étude de ces deux volumes n’est pas possible sans avoir au préalable développé la faculté d’intuition. L’étudiant doit pénétrer sa conscience du fait que c’est l’étude régulière et convenable de La Doctrine Secrète qui développe l’intuition. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l’étude assidue du livre développe la faculté même par laquelle on peut en comprendre le contenu. H.P.B. disait que puisque, « cet ouvrage retient bien plus qu’il ne donne, l’étudiant était invité à utiliser ses propres intuitions » (S.D. I, 278). Il devra aussi bien se rappeler ce qui est dit dans un autre passage que, « la vraie connaissance vient lentement et n’est pas aisément acquise ». C’est avec humilité et confiance en soi que l’étudiant doit commencer son étude, et il devra persévérer dans sa communion avec le livre, jour après jour avec constance et ponctualité.

Dans les traditions anciennes des Upanishads, il est fait références à la méthode et à la manière correcte par lesquelles le chercheur et l’aspirant peut parvenir aux Sages et à leur Sagesse. Ici une approche correcte s’impose. Il faut un mental calme, alerte et libre d’humeurs, non perturbé par les opinions et les connaissances particulières des autres, et toujours prêts à recevoir les impressions provenant des idées du livre – non pour les accepter aveuglements mais pour les comprendre avec intelligence et les assimiler quand il en perçoit la vérité. On a dit que La Doctrine Secrète doit être considérée comme un livre de référence, une sorte d’encyclopédie théosophique – mais cette appréciation est incorrecte. La Doctrine Secrète est un livre qui doit être lu et étudié, et il ne doit pas être seulement utilisé comme référence. C’est un livre par lequel l’étudiant peut et doit évaluer les autres enseignements, mais il ne doit pas s’en servir pour amplifier ou propager les vues et les opinions des autres livres. On a dit aussi que La Doctrine Secrète était un livre trop profond, trop vaste, trop complexe et obscur pour être lu et étudié par l’homme ordinaire. Cette crainte est fausse. Que l’étudiant ne se laisse pas décourager ou effrayer par une mauvaise appréciation du livre ou par un avertissement non approprié. Pourquoi et pour qui le livre fût-il écrit ? La dédicace nous donne la réponse et dément ces fausses opinions et craintes. Voici par exemple, ce qu’H.P.B. dit dans la préface de La Clef de la Théosophie (p. 13) et qui est vrai aussi pour La Doctrine Secrète :

« Pour ceux dont l'intelligence est paresseuse ou obtuse, la Théosophie restera sûrement une énigme, car, dans le monde intellectuel, aussi bien que dans le monde spirituel, chacun doit progresser par ses propres efforts. L'auteur ne peut penser à la place du lecteur ; celui-ci n'en profiterait d'ailleurs pas, à supposer qu'une telle réflexion par procuration fût possible. »

Par conséquent, en écartant la paresse mentale et en rejetant les appréciations erronées du livre, l’étudiant doit essayer d’assimiler – à des fins pratiques – le sens de la déclaration suivante :

« Seuls ceux qui comprennent combien l’Intuition s’élève au dessus du lent processus  de la pensée ratiocinant peuvent concevoir, ne serait-ce que très faiblement,  ce qu’est cette Sagesse absolue qui dépasse les idées de Temps et d’Espace » (S.D. I, 1-2, Notes).

Le livre traite des idées métaphysiques ; des lois morales à l’œuvre dans un univers compris comme un tout vivant ; des événements historiques perçus comme des réflexions d’événements spirituels ; des processus psychologiques qui se déroulent dans la conscience humaine, et qui doivent être expérimentés pour être compris, etc… Ces vérités ne peuvent pas être saisies par ceux dont le mental est agité, c'est-à-dire ceux dont le mental est soumis à l’esclavage du Kama [les désirs inférieurs]. Une fois libéré de l’avidité des désirs, le cerveau humain a le pouvoir, aussi peut instruit soit-il, de saisir la sagesse d’où qu’elle se présente. La fausse connaissance est un obstacle, et « l’ignorance vaut encore mieux que la Science de tête sans la Sagesse de l’Âme pour l’illuminer et la guider », dit La Voix du Silence (p. 41 – Note 1).

L’empreinte de la Sagesse est, pour ainsi dire, comme inscrite au fer rouge dans la conscience humaine et elle agit dans l’homme à travers l’intuition. Ce fut le travail des « Anges Solaires », les Agnishwatta Pitris – « Ceux qui ont fait don à l’homme de son EGO conscient et immortel » (S.D. II, 88). « Cette “Entité Consciente”, enseigne que l’occultisme provient de, ou plutôt est, dans la plupart des cas, l’essence tout entière et l’être des hautes Intelligences condamnées, par l’inflexible loi d’évolution Karmique, à se réincarner dans ce Manvatara [la grande période de l’univers actuel] » (S.D. II, 248). Son influence et son action ne sont pas ressenties aujourd’hui parce que la conscience humaine est submergée de désirs non spirituels et d’impressions mortelles. La tâche de l’étudiant est d’utiliser ce « don rendu vivant par les “Seigneurs de Sagesse” qui ont répandu sur le manas humain la rosée fraîche de leur propre esprit et essence » (S.D. II, 411). Cette idée, bien comprise, montrera à l’étudiant en quoi consiste la vraie préparation à son approche de La Doctrine Secrète.

La Philosophie ésotérique explique que les grandes différences de caractère humain et de faculté de raisonnement ne résultent pas seulement du processus de la réincarnation, mais aussi d’une différence de degré de réceptivité des diverses catégories d’intelligences non-soi-conscientes du genre humain, c'est-à-dire hommes par la forme mais non par le mental [Note 2]. Les hommes et les femmes appartenant à ce qu’on nomme généralement les classes éduquées et civilisées possèdent au cœur de leur conscience cette Empreinte de Feu qui se manifeste comme la Voix de la Conscience Divine, l’Intuition Instinctive, le sens de responsabilité morale et la conscience de soi.

L’activité de ces états de conscience est en général vague et indéfini, et diffère selon les êtres. Cette activité devient stable et précise chez l’étudiant qui persévère dans l’étude de La Doctrine Secrète et qui s’efforce de vivre honnêtement sa vie. Au cours de son développement, l’étudiant reçoit davantage d’impressions sur son plan de conscience « Egoïque », car le travail de la Collectivité d’Êtres qui a éveillé le Manas latent de l’homme n’est pas terminé. Le travail bienfaisant de cette Collectivité se poursuit, mais on peut dire qu’il se limite à la catégorie d’âmes humaines qui aspirent à apprendre la Sagesse Supérieure. La soi-rédemption par la maîtrise de soi et par les moyens et les méthodes auto-induits et auto-déterminés est l’idéal poursuivi par cette catégorie d’âmes. Ce que chacune attire à elle dépend de l’assiduité qu’elle manifeste dans sa dévotion.

Ce qui reste à considérer pour la bonne préparation est le choix des sujets et des passages d’études de ces volumes de plus de 1.500 pages. La grande tentation serait d’en rechercher les passages occultes. Or, en succombant à cette tentation, on s’expose à un danger fatal. On ne peut assimiler ces passages fragmentaires avant d’avoir assimilé les idées de base, les principes et tout ce qui est fondamental dans ce livre. L’étudiant de la Théosophie qui a un penchant scientifique est susceptible de s’irriter des digressions philosophiques et mythologiques de La Doctrine Secrète ; celui dont la disposition est mystique et philosophique est porté à murmurer contre « toute cette matière scientifique », etc… L’expérience et le contact prolongé avec le livre renforcent la conviction qu’H.P.B. n’a pas été extravagante dans le choix des termes ; qu’il n’y a pas de digressions inutiles ; que les attaques portées en 1888 contre la science et la théologie reposent sur des principes toujours valables de nos jours ; et que les explications et les instructions donnés nourrissent l’âme, semaine après semaine.

Il est nécessaire, cependant, de bien débuter dans son étude. Le mental de l’étudiant ordinaire, tel qu’il est formé aujourd’hui en Orient et en Occident, peut acquérir une compréhension meilleure et plus rapide s’il est guidé dans le choix des pages à lire. Bien que le plan ci-dessous puisse ne pas convenir à tous, son utilité s’est trouvée justifiée auprès d’un nombre appréciable d’étudiants depuis une période bien supérieure aux vingt-cinq dernières années (Note 3) :

Vol. I, pp. 272-273 : Pages traduites en français : « Le premier point de La Doctrine Secrète » - Textes Fondamentaux, page 3 – Éd. Textes Théosophiques.

Vol. I, pp. 297-299.

Vol. I, pp. 13 à 18. Pages traduites en français : « Les Trois Propositions Fondamentales » -  Éd. Textes Théosophiques.

Vol. I, pp. 269-289. Pages traduites en français dans les Cahiers Théosophiques n°173 à 174 -  Éd. Textes Théosophiques.

Vol. I, pp. XVII à XLVII: Introductory.

Vol. I, pp. 1 à 24 : Proem.

Vol. II, pp. 1 à 12 : Preliminary Notes.

Vol. I, pp. 303-325 : Symbolism

 

Une lecture attentive des pages citées ci-dessus donnera à l’étudiant une idée très claire de ce qu’il peut découvrir ; elle le familiarisera aussi avec la méthode employée par H.P.B. lorsqu’elle écrivit, compila, et consigna son message.

Notes :

N.d.T. : Édition Textes Théosophiques.

N.d.T. : L’homme actuel a une intelligence éveillée sur le plan physique. Il doit maintenant s’éveiller pleinement à la réalité du Soi supérieur, par le développement de son intelligence sur le plan spirituel (SD., II, 167-8). En théosophie l’humanité est une et pour le théosophe « la raison donnée [par certains] d’une division de l’humanité en races inférieures et supérieures est fausse et s’écroule » (SD, II, 425).

Les références sont prises dans  le livre en anglais, The Secret Doctrine – Ed. The Theosophy Company, USA.

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : ULT Afrik
  • ULT Afrik
  • : Réflexion, spiritualité vivante, conférences et réunions d'étude sur la Théosophie de Blavatsky. Enseignement lois de karma et de réincarnation. La mort. Vie intérieure et méditation. Fraternité universelle. Devoir ou dharma.
  • Contact

Recherche