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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 16:47

ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

                          VIII – L’ÉTHIQUE

[Traduction du chapitre “Ethics” de l’ouvrage Studies in the Secret Doctrine, de B.P. Wadia – Éd. Theosophy Compagny Mumbai – Inde]

 

 « Un grand intellect et trop de connaissance sont une arme à double tranchant dans la vie, et des instruments pour le mal autant que pour le bien. Pour celui qui les possède quand ils sont combinés avec l’Égoïsme, ils font de l’Humanité un marchepied pour s’élever et un moyen pour atteindre ses objectifs ; tandis qu’utilisés à des fins altruiste et humanitaire, ils peuvent devenir les moyens de salut du grand nombre. » S.D., II, 163.

Il existe un rapport intime entre la métaphysique et la morale. Notre civilisation ne le reconnaît pas. Mais la Théosophie le sait. Le métaphysicien moderne se livre à de savantes spéculations et des abstractions qui n’ont aucune portée éthique. Dans le mental populaire, l’éthique est apparentée aux religions, et on parle tout naturellement de l’éthique chrétienne, de l’éthique hindoue, etc... En réalité, la religion fait peu de différence en ce domaine, et chacun sait qu’il existe des gens moraux, peu moraux, et immoraux dans toutes les religions. Chaque religion, sans exception, a perdu sa pureté et son caractère universel d’origine. Une des principales causes de cette dégradation est le divorce entre la métaphysique et l’éthique. Quand la vraie philosophie, qui traite des fins cosmiques et qui révèle la relation indissoluble et intime entre l’univers et l’homme, cesse d’être l’âme de l’éthique nous avons de faux principes moraux. Ainsi dans l’église chrétienne, qui n’enseigne plus la philosophie des grands Gnostiques, l’éthique sublime de Jésus n’est plus possible en pratique. C’est une des interprétations de ce dicton si vrai : « Plus près de l’église, plus loin de Dieu ». Le même phénomène se retrouve parmi les fervents des autres religions ; l’hindou orthodoxe ne peut pratiquer les principes éthiques de la Gîtâ et demeurer orthodoxe ; on peut en dire autant du Zoroastrien orthodoxe vis-à-vis des Gathas. Comment un homme pourrait-il éviter de polluer les choses qui sont dans et de l’espace s’il n’a pas reçu quelques enseignements sur l’espace sans limite, dont il est une expression ? Comment un homme peut-il concevoir l’immortalité et comprendre qu’il est sans naissance et ne mourra pas, si on ne lui a rien enseigné sur la durée éternelle, et sur l’enchaînement sans fin des cycles ayant un début et une fin ? Comment un homme peut-il aller de l’avant avec confiance, en luttant contre ses propres défauts, s’il ne perçoit pas que la Vie est le Grand Souffle, le Mouvement Perpétuel, qui développe et éveille à une perfection toujours plus élevée, et qu’il est lui-même le créateur de sa destinée ? Dans une étude précédente (Voir article « Désapprendre pour apprendre ») nous avons vu comment l’enseignement erroné sur un dieu personnel conduit à une appréciation fausse de la personnalité humaine, qui développe le vice de l’égotisme. De même, on peut démontrer que les vices et les faiblesses humaines sont nés de l’ignorance de la philosophie, et que plus d’une vertu, hautement recommandée par le sectarisme, n’est pas de la vertu.

Une des missions de la Théosophie est de redonner à l’humanité moderne les principes moraux qui sont les expressions fidèles des idées métaphysique. De montrer, par exemple, comment les idées de l’immanence de Dieu et de la fraternité humaine, sont respectivement des expressions philosophiques et éthiques, d’une seule et même vérité. Chaque grand livre théosophique, comme la Bhagavad-Gîta ou le Tao-Té-King, enseigne les idées et les principes métaphysiques et éthiques, et leurs liens.

Le message exotérique et ésotérique d’H.P.B. est basé sur les Anciennes Annales de l’humanité (Voir article « Qu’est-ce que la Théosophie »), et ce message porte à la fois sur l’éthique et la métaphysique et sur leur intime relation. Les Stances de Dzyan, sur lesquelles La Doctrine Secrète est basée, et le Livre des Préceptes d’Or, dont des fragments composent La Voix du Silence, peuvent être respectivement considérés comme l’aspect métaphysique et l’aspect éthique du message. Dans la préface de ce petit joyau “Dédié au Petit Nombre”, H.P.B. écrit :

« L’ouvrage dont je traduis ici des fragments fait partie des mêmes séries que celles d’où sont emprunté les “Stances” du Livre de Dzyan, sur lesquelles est basée de La Doctrine Secrète. »

La métaphysique joue un rôle très important dans l’étude de La Doctrine Secrète, ainsi que nous l’avons montré dans l’article précédent (Voir article « La Métaphysique »). Mais ce serait une très grave erreur que de croire que la philosophie peut être comprise sans la pratique de ses principes moraux. L’éthique de la Théosophie est l’instrument même à travers lequel on peut percevoir les fins cosmiques ultimes. De même qu’un homme ivre ne peut voir la vraie perspective de ce qui l’entoure, de même un homme débauché et dissolu ne peut pas avoir de vision exacte du cosmos qui l’environne. C’est parce que le savant moderne affirme que ses pouvoirs d’observation et de compréhension n’ont rien à voir avec la vertu, la bonté et la moralité, qu’il ne peut pénétrer au-delà de la surface des apparences. C’est parce que le philosophe moderne ne fait pas de lien entre son activité mentale et son caractère moral, que ses abstractions métaphysiques et ses équations mathématiques ne lui permettent pas de supporter avec égalité d’âme un mal de dents !

Donc, alors que les religions échouent parce qu’elles essaient de prêcher l’éthique sans la philosophie, de leur côté la science et la philosophie échouent parce qu’elles essaient d’inculquer la connaissance sans tenir compte des principes moraux et éthiques. La division entre le religieux et le laïque continuera aussi longtemps que durera le divorce entre la morale et la métaphysique. La Théosophie peut seule franchir ce gouffre.

La Doctrine Secrète enseigne que les vices sont un phénomène anormal à notre époque. S’il n’est toujours pas possible à l’homme de manifester ses pouvoirs divins, il peut, tout au moins, exprimer sa nature humaine. Au lieu de cela, nous voyons partout la primauté de l’animal. Voici ce que dit H.P.B. :

« En résumé, la Spiritualité est sur son arc ascendant, mais l’animal ou le physique en retarde le progrès continuel sur le chemin de l’évolution quand l’égoïsme de la personnalité infecte si profondément l’homme réel intérieur de son virus mortel, que l’attraction pour le haut a perdu tout son pouvoir sur l’homme raisonnable et pensant. En vérité, le vice et la méchanceté sont une manifestation anormale et contre nature, en cette période de notre évolution humaine – du moins ils devraient être traités ainsi. Le fait que l’humanité n’a jamais été aussi égoïste et vicieuse que de nos jours – les nations civilisées ayant réussi à faire de l’égoïsme une caractéristique éthique, et du vice un art véritable -– est une preuve de plus de la nature exceptionnelle du phénomène » (S.D., II, p. 110).

Quel est le tout premier pas que doit faire l’étudiant qui désire assimiler la philosophie et l’éthique qui sont des aspects de la Religion-Sagesse, ou de la Théosophie ? Il doit reconnaître l’unité sous-jacente entre les lointains confins cosmiques et les relations humaines qui sont à la portée de sa main. Pour comprendre et assimiler la moralité métaphysique et la philosophie éthique, l’étudiant doit commencer par sentir dans son cœur la vérité de ses perceptions mentales. Il doit apprendre à voir les pouvoirs divins en lui, et à percevoir en lui son Dieu Intérieur – homme-Dieu dans sa véritable nature, bien qu’animal dans son soi physique. La lutte entre les deux natures est la lutte pour la vie entre le spirituel et le psychique, le psychique et le physique. Le but de cette lutte doit être aussi perçu : celui qui conquiert les principes inférieurs par la parfaite maîtrise du corps, s’unit aux Fils de la Lumière. Celui qui tombe victime de sa nature inférieure, devient l’esclave de la matière ; il succombe dans la bataille entre la vie mortelle et la Vie Immortelle. L’étudiant est prié de lire attentivement la page 272 du IIe volume de La Doctrine Secrète, et noter combien ce passage d’H.P.B. s’applique à nous-mêmes et à notre condition actuelle, et comment il peut trouver une nouvelle interprétation à cette phrase que le disciple doit regagner l’état d’enfance qu’il a perdu.

Plus tard, nous examinerons les principes fondamentaux de la morale philosophique, tels qu’ils sont exposés dans ce grand livre.

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