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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 02:26

L’Eternel Mouvement du Grand Souffle crée, aussi bien qu’il tue. Il fait apparaître la manifestation, mais il la dissout également. Comme une puissante vague dans un Océan d’Absoluité sans rivage, elle se lève, pour y retomber et se lever à nouveau, en une répétition sans fin, dans l’éternité.

Changement, constant, continu – c’est son unique caractéristique. Mais cette caractéristique elle-même donne naissance à "Esprit-Matière-Homme", mais elle détruit aussi les trois – et, à ce processus destructeur-régénérateur, il ne peut y avoir qu’une exception, l’HOMME. Doué d’une Volonté, qui devient libre, et d’une intelligence, qui est contrôlable, l’homme mortel peut manier cette caractéristique de changement, et, en l’attelant à son service, l’utiliser de manière à pouvoir survivre à ses montées et ses chutes. Autrement, comme toute autre chose, l’homme se pulvérise en cendres qui occupent tout le foyer, et en flammes brumeuses. Une telle survie fait de l’homme un Maître – un Mahâ-Âtma – un Dieu, en vérité. A Cette mystérieuse réalisation, la Bhagavad-Gîta fait référence :

" Parmi des milliers de mortels, un seul peut-être s’efforce vers la perfection et, parmi ceux qui ainsi s’efforcent, un seul peut-être Me connaît tel que je suis" [VII, 3-4]

C’est à propos de cette étonnante réalisation que nous vient du Mahatma M. une suggestion qui dépasse en richesse plus d’un traité :

« …pour parcourir avec succès le cours septuple de sa descente et de sa remontée, l’individualité doit s’assimiler l’éternel pouvoir de vie, qui ne réside que dans le septième (Principe) [Âtma] pour mêler ensuite les trois (quatrième, cinquième et septième) [Kâma, Manas et Âtma] en un seul – le sixième [Buddhi]. Ceux qui y réussissent deviennent des Buddhas, des Dhyan Choans, etc. Le but essentiel de notre combat et de nos initiations consiste à réaliser cette union, en demeurant encore sur la terre. Ceux qui y parviendront n’auront rien à craindre pendant la cinquième, la sixième et la septième ronde. Mais c’est là un mystère ».

Les combats du règne humain sont grevés par la malédiction de sa nature individualiste. Mais celle-ci est une bénédiction déguisée. L’homme individuel doit atteindre la soi-conscience universelle en suivant le sentier de la responsabilité. La vénération pour le soi, et la confiance dans le Soi intérieur de l’être – son Rexlucis [=Roi de Lumière], le Seigneur de Splendeur et de Lumière – conduit l’homme au but, où se fait entendre le grand cri – Aham eva param Brahman [Je suis en vérité le suprême Brahman]. Il faut incorporer ce Principe impersonnel par nos efforts. L’intelligence humaine, avec la soi-conscience, rendent cela possible.

« Pendant que la Nature y vise et amène cette plus puissante des possibilités à la portée de l’homme, elle avance immuable – comme le Gange et le Nil – pour rejoindre son  Océan d’Absoluité, pour se vider dans la paix du Pralaya – l’heure fixée d’avance pour la Nature – elle l’observe avec une fidélité pointilleuse – l’élément Temps de son être a un caractère écrasant : cela parce qu’elle est compatissante. Le don superbe de la Nature à l’homme c’est son plus profond sacrifice, et, lorsque l’homme manque de l’accepter, ce compatissant sacrifice prend un autre aspect et plonge l’homme dans des éons de sommeil en Pralaya. La Mère – Nature chante, "Dors, et dors encore le temps reviendra, et ce que, maintenant, tu as perdu de mon offre, te reviendra dans l’au-delà »

L’homme – Nara doit se connaître comme Dieu – Narayana dans un cycle donné. L’impersonnalité doit devenir incorporée. La "Sagesse-Bodha" doit s’incarner dans le "Seigneur de Sagesse-Buddha" en un temps donné. La Nature, ou la Vie-Une œuvre sans cesse, à travers succès (quand l’homme devient Maître) et échec, quand les hommes restent esclaves de ses cycles tournants.

Dans les profondeurs de l’espace existe un mystérieux Principe qui contient la semence des Incarnations Divines, et constitue la potentialité et la cause effective de tous les Avatars. Cette semence est le joyau des joyaux dans toute la Nature. Elle renferme, dans leur collectivité, les réalisations vécues de tous les hommes qui sont devenues des Sur-Hommes, des Mahâtmas, des Buddhas. Dans l’ésotérisme de la Gîta, Krishna, dans l’un de ses aspects, représente cette Semence. Dans celui des Purâna, il en est question comme le Mahâ Vishnou – qui est un principe Impersonnel et non l’être d’un Dieu personnel. Il arrive qu’il soit appelé parfois le Cerveau d’Adam Kadmon, dans le discours de la Kabale. Tel est l’Enseignement.

Les hommes qui ont atteint la perfection – les Mahatmas – comme une Fraternité et une Hiérarchie, constituent l’aspect positif de la Loi des Cycles. Une telle Fraternité forme, dans un sens réel, l’aspect Père du grand Souffle ; et le reste, en manifestation, c’est la Mère Nature.

Appartenir à cette Fraternité c’est l’occasion spéciale, et le privilège qui s’offre à l’homme, en accord avec la loi karmique et cyclique. Si le Règne Humain est celui de la Balance, si cette terre est le globe de la balance – de l’équilibre – il y a de même, pour l’âme de l’homme, l’heure de la balance (= du  choix) au cours de ses incarnations terrestres – le plan de cette balance c’est le champ [de bataille] de Kurukshétra. La Théosophie – la "Religion-Sagesse" – offre cette opportunité au chercheur courageux, et à l’homme qui a confiance en soi. Elle lui dit :

« Tu dois te saturer de pur Alaya, devenir comme un avec l’Âme-Pensée de la Nature. En unité avec elle, tu es invincible ; en séparation, tu deviens l’espace de jeu de Samvritti, la source de toute les tromperies du monde ». (La Voix du Silence p. 77)

« Tout est impermanent dans l’homme hormis la pure essence brillante d’Alaya. L’homme est son rayon cristallin : un faisceau de lumière immaculée à l’intérieur, une forme d’argile matérielle sur la surface inférieure. Ce rayon est le guide de ta vie, et ton vrai Soi, le Veilleur et le Penseur Silencieux – la victime de ton Soi inférieur. Ton Âme ne peut être blessée que par ton corps errant, contrôle et maîtrise les deux et tu seras en sécurité pour gagner le Portail de Balance. "La Voix du Silence, Aie bon courage, Ô pèlerin audacieux, vers l’autre rive". (Voix du Silence, p. 78)

                                                                                 B.P. WADIA

Revue THEOSOPHY – Vol. 13, N° 4, Février 1925 – pp. 165-170

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 13:54

Les cinq grands dons de la charité

Un jour, le Bouddha résidait dans le jardin Anatapindada à Jetavana, dans le Sravasti, avec un grand nombre de Bhiksus [moines bouddhistes]. Voici ce qu’il leur dit :

« Il y a cinq espèces de charité dont je vais vous parler. La première consiste à s’abstenir de prendre la vie. Bhiksus, c’est une grande charité. Si personne ne détruisait la vie, tous les êtres sensibles seraient gratifiés de la joie de vivre sans crainte ; et lorsque leur mental serait libre de toute crainte, des maux comme l’inimitié, la haine et le préjudice disparaîtraient. Tout serait paix sur terre et au ciel ! C’est la raison pour laquelle s’abstenir de prendre la vie est une grande charité. Et il en est de même des quatre autres dons de charité qui consistent à s’abstenir du vol, de l’adultère, du mensonge et de l’ivresse. »

                                                                                                      W.Q. Judge

(Paru dans la revue The Path, de janvier 1894.
Traduit en français
dans la revue Théosophie, vol. IV, n° 3)


 

 

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 14:21

LA PAIX APRÈS L’ORAGE

[Cet article est traduit de la revue The Path de juillet 1888, Vol.III p. 124-25)

 

            (Répondant à une question sur la ꞌpaixꞌ et la ꞌVoix du Silenceꞌ dont il est question dans ‘‘La Lumière sur le Sentier’’ Mr W.Q. Judge écrivit ce qui suit, sous l’un de ses noms de plume ꞌMoulvieꞌ.

            La paix est cette période qui fait suite à l’orage que déchaîne dans notre nature toute tentative en vue de conquérir le soi inférieur.  Elle succède à chaque conflit de ce genre si la bataille a été menée jusqu’à la victoire de l’aspect supérieur. Mais bien peu d’hommes modernes peuvent engager le combat contre plus d’une chose à la fois. Aussi avons-nous à supporter beaucoup d’orages de ce genre. Chaque particularité de caractère, chaque passion ou chaque tendance doit être attaquée singulièrement et vaincue. Quand ceci se produit, il arrive une période de silence intérieur dans laquelle l’âme croît et tente de nous instruire. C’est là la voix. Et comme le dit la ‘‘Lumière sur le Sentier’’ (Règle 21 – 1ère partie) " aucune métaphore ne peut la décrire." Le silence a sa contre-partie dans la nature lorsque après les orages ou les cataclysmes, le silence survient. Le silence après la tempête est dû à l’effet de l’eau descendant dans l’atmosphère et tombant sur la terre, la végétation, les insectes et les animaux, et aux résultats particuliers de la forte répercussion  sonore du tonnerre. Tous ces effets de l’orage se combinent pour donner un silence que tout être sensible à la vie de la nature peut très bien percevoir. Et quand survient un cataclysme, comme la chute d’une formidable avalanche de neige, il se produit une autre sorte de silence pendant lequel on peut percevoir maintes choses dans les mondes astral et naturel qu’on ne peut distinguer à d’autres moments. Chacun de ces silences touche à une fin parce que les opérations normales ordinaires de la nature se rétablissent et reprennent leurs cours. Il en est de même pour nous. Les orages de déception ou de contrariété, ou les terribles bouleversements de douleur ou de chagrin intense, ou l’effet de notre propre volonté indomptable, amènent ces silences au cours desquels la voix de l’âme a peut-être une meilleure chance de se faire entendre.

           

 

                                                                                                                      William Q. Judge

 

 

 

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 20:01

Karma n’est-il que punition ?

(Article paru dans le The Path, de février 1890 et traduit en français dans la revue Théosophie, Vol. II, n°3)

Nous avons reçu la critique suivante de H.M.H : « Dans le Path d’août, Hadji Erinn en réponse à la question ci-dessus, disait que : “Ceux qui ont la fortune, comme une heureuse mère qui voit tous ces enfants respectés et vertueux, sont des favoris de Karma.” Je pense, avec d’autres, que ces faveurs apparentes ne sont que des punitions ou des obstacles ; d’autres pensent que les termes punitions et récompenses ne devraient pas être employés. »

Je ne suis pas d’accord sur ce point de vue, ni sur la suggestion que les termes punition et récompense ne devraient pas être employés. Il est facile de réduire toute chose à une base primordiale et dire que tout est l’absolu. Mais c’est la méthode de ceux qui affirment et nient. Ils disent qu’il n’existe ni mal, ni mort ; tout est bien, tout est vie. De cette façon, nous réduisons tout à des absurdités, et nous n’avons alors plus aucun terme pour désigner les choses et les états les plus évidents. Autant dire qu’il n’y a ni or, ni fer, car tous deux sont de la matière. Mais tant que nous sommes des êtres humains, nous sommes obligés d’employer des termes pour exprimer nos perceptions conscientes des idées et des choses.

Il est donc tout à fait logique de dire qu’une personne placée dans des circonstances malheureuses et difficiles, subit une punition, et que la personne riche et heureuse reçoit une récompense. Faute de quoi, notre doctrine n’a plus de sens.

Le malentendu au sujet de la question provient d’un manque de réflexion concernant Karma. Un aspect de cette loi a trait aux vicissitudes de la vie et aux différentes conditions humaines. L’un rencontre la chance et le bonheur, l’autre reçoit l’opposé. Pourquoi cela ? Parce que chaque état est le résultat exact découlant de si nous avons rompu ou respecté l’harmonie de la nature. La personne qui jouit de la fortune dans cette vie a souffert d’un manque d’argent dans son incarnation précédente, ou en a été privée injustement. Comment appeler cela d’un autre terme que récompense ? Si nous disons compensation, nous exprimons exactement la même idée. Et nous ne pouvons pas demander au monde qu’il adopte une verbosité de langage du genre : « Tout ceci provient de ce que cet homme a respecté l’harmonie cosmique. »

 En réalité, la pensée que notre interlocuteur a à l’esprit est tout différent de celle qu’il a exprimée ; il confond les deux choses quand il envisage le cas qui s’offre si souvent à nos yeux, d’un homme qui possède la richesse et le pouvoir et qui en fait un usage si mauvais, qu’à la fin il devient égoïste et tyrannique. Mais cela ne change rien à la conclusion qu’il reçoit sa récompense. Karma prendra soin de lui, et s’il n’utilise pas sa chance pour le bien d’autrui, ou s’il s’en sert pour faire du tort à ses semblables, il en subira la punition à son prochain retour sur terre. Il est bien vrai, comme le disait Jésus, qu’« il est difficile à un riche d’accéder au ciel ». Mais il existe d’autres possessions humaines que la fortune, et qui constituent, sur la voie du développement, des obstacles bien plus importants que la richesse. Ce sont des punitions qui peuvent coexister dans la vie d’un homme en même temps qu’une récompense, comme la richesse ou toute autre chose de ce genre. Je veux parler des obstacles et des empêchements tels que la stupidité, la bassesse naturelle ou des tendances sensuelles charnelles. Très probablement ceux-ci empêcheront le progrès et le salut ultime de la personne, bien plus que si elle avait joui de toute la fortune ou le bonheur possible.

Dans de tels cas, et ils ne sont pas rares, nous voyons Karma octroyer sur le plan matériel une récompense sous forme de richesse et de circonstances de vie favorables, et pour le caractère intérieur une punition par de nombreux défauts d’incapacité ou d’inaptitude d’intelligence ou de nature. Le cas inverse est tout aussi vrai. Je doute que notre interlocuteur se soit appliqué à analyser le sujet sous cet angle.

Tout homme est doué de conscience, et du pouvoir d’utiliser sa vie, quelle qu’en soit la forme et les circonstances, d’une façon correcte pour en tirer, dans les limites permises par son caractère, tout le bien possible pour lui-même et ses semblables. C’est son devoir de le faire, et selon qu’il y faillit ou s’y conforme, il en subira par la suite une punition, ou une récompense.

Il peut y avoir aussi une autre espèce de richesse que l’or, et une autre sorte de pouvoir qu’une position en politique ou dans la société. Un cerveau puissant, large, ouvert à tout, rapide et riche en connaissances est une grande possession dont un homme peut jouir. Il peut en faire un bon ou un mauvais usage. Il peut lui faire commettre des excès, des bassesses, et agir à l’encontre de tout ce qui est bien. C’est sa récompense à une longue vie antérieure de stupidité, suivie par d’autres vies d’actions et de pensées nobles. Comment notre interlocuteur expliquerait-il cela ? Celui qui reçoit une récompense peut en mésuser au point qu’à sa renaissance suivante, elle devienne pour lui une cause de punition. Ainsi, dans l’arc, nous ajustons sans cesse nos flèches, les rapprochant au plus près de l’oreille pour viser, puis les lançons très loin de nous. Quand nous pénétrons à nouveau dans le champ de la vie terrestre, ces flèches ne manqueront pas de nous frapper sous une forme humaine par nos ennemis, ou par des événements qui nous meurtriront. Ce n’est pas la flèche ou l’arc qui importe, mais le motif et la pensée qui président au lancement du projectile.

Hadji Erinn (alias William Quan Judge).

 


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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 13:54

H.P. Blavatsky et les Théosophes

Dans un ancien numéro de la Revue Théosophique, H.P.Blavatsky écrivait :

« Aimez-vous les uns les autres, avait dit Jésus à ceux qui étudiaient les mystères du royaume des cieux.

« Pratiquez l’altruisme, conservez l’union, l’accord et l’harmonie dans vos groupes, vous tous qui vous placez dans les rangs des néophytes et des chercheurs de la Vérité une », nous disent d’autres Maîtres. « Sans union et une sympathie intellectuelle et psychique, vous n’arriverez à rien. Celui qui sème la discorde récolte la tempête. »

« Les Cabalistes savants ne manquent pas, parmi nous, en Europe et en Amérique. Quel bien cela nous fait-il et qu’ont-ils fait pour la Société ? Au lieu de se rassembler pour s’aider, ils se regardent de travers, prêts à se critiquer.

« Ceux qui veulent réussir en Théosophie, abstraite ou pratique, devraient se souvenir que le manque d’union est la première raison d’échec. Mais que dix théosophes décidés s’unissent, qu’ils travaillent ensemble, chacun à sa façon, dans l’une ou l’autre branche de la science universelle, chacun étant en sympathie avec son frère, et nous pourrions répondre que chaque membre ferait plus de progrès dans la science sacrée en un an qu’il ne pourrait en faire par lui-même en dix ans. En Théosophie, ce qui est nécessaire, c’est l’émulation et non la rivalité.

« En Théosophie réelle, c’est toujours le moindre qui devient le plus grand.

« Toutefois, la société a plus de disciples victorieux qu’on le suppose habituellement. Mais ceux-ci se tiennent à l’écart et travaillent au lieu de pérorer. Tels sont nos disciples les plus zélés comme aussi les plus dévoués. Lorsqu’ils écrivent, ils cachent leur nom ; lorsqu’ils lisent des traductions dénaturées d’anciens livres sacrés, ils en découvrent le sens réel sous le voile d’obscurité dont les philologues occidentaux les ont revêtus, car ils connaissent la langue du mystère. Ces quelques rares  hommes et femmes sont les piliers de notre temple. Eux seuls paralysent le travail incessant de nos taupes théosophiques. »

                                                                                                              W.Q. Judge

(Extrait de la revue Théosophie, Vol IV, r 1)

 

 


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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 12:00

 (Article paru dans le The Path, de février 1890 et traduit en français dans la revue Théosophie, Vol. II, n°3)

Nous avons reçu la critique suivante de H.M.H : « Dans le Path d’août, Hadji Erinn en réponse à la question ci-dessus, disait que : “Ceux qui ont la fortune, comme une heureuse mère qui voit tous ces enfants respectés et vertueux, sont des favoris de Karma.” Je pense, avec d’autres, que ces faveurs apparentes ne sont que des punitions ou des obstacles ; d’autres pensent que les termes punitions et récompenses ne devraient pas être employés. »

Je ne suis pas d’accord sur ce point de vue, ni sur la suggestion que les termes punition et récompense ne devraient pas être employés. Il est facile de réduire toute chose à une base primordiale et dire que tout est l’absolu. Mais c’est la méthode de ceux qui affirment et nient. Ils disent qu’il n’existe ni mal, ni mort ; tout est bien, tout est vie. De cette façon, nous réduisons tout à des absurdités, et nous n’avons alors plus aucun terme pour désigner les choses et les états les plus évidents. Autant dire qu’il n’y a ni or, ni fer, car tous deux sont de la matière. Mais tant que nous sommes des êtres humains, nous sommes obligés d’employer des termes pour exprimer nos perceptions conscientes des idées et des choses.

Il est donc tout à fait logique de dire qu’une personne placée dans des circonstances malheureuses et difficiles, subit une punition, et que la personne riche et heureuse reçoit une récompense. Faute de quoi, notre doctrine n’a plus de sens.

Le malentendu au sujet de la question provient d’un manque de réflexion concernant Karma. Un aspect de cette loi a trait aux vicissitudes de la vie et aux différentes conditions humaines. L’un rencontre la chance et le bonheur, l’autre reçoit l’opposé. Pourquoi cela ? Parce que chaque état est le résultat exact découlant de si nous avons rompu ou respecté l’harmonie de la nature. La personne qui jouit de la fortune dans cette vie a souffert d’un manque d’argent dans son incarnation précédente, ou en a été privée injustement. Comment appeler cela d’un autre terme que récompense ? Si nous disons compensation, nous exprimons exactement la même idée. Et nous ne pouvons pas demander au monde qu’il adopte une verbosité de langage du genre : « Tout ceci provient de ce que cet homme a respecté l’harmonie cosmique. »

 En réalité, la pensée que notre interlocuteur a à l’esprit est tout différent de celle qu’il a exprimée ; il confond les deux choses quant il envisage le cas qui s’offre si souvent à nos yeux, d’un homme qui possède la richesse et le pouvoir et qui en fait un usage si mauvais, qu’à la fin il devient égoïste et tyrannique. Mais cela ne change rien à la conclusion qu’il reçoit sa récompense. Karma prendra soin de lui, et s’il n’utilise pas sa chance pour le bien d’autrui, ou s’il s’en sert pour faire du tort à ses semblables, il en subira la punition à son prochain retour sur terre. Il est bien vrai, comme le disait Jésus, qu’« il est difficile à un riche d’accéder au ciel ». Mais il existe d’autres possessions humaines que la fortune, et qui constituent, sur la voie du développement, des obstacles bien plus importants que la richesse. Ce sont des punitions qui peuvent coexister dans la vie d’un homme en même temps qu’une récompense, comme la richesse ou toute autre chose de ce genre. Je veux parler des obstacles et des empêchements tels que la stupidité, la bassesse naturelle ou des tendances sensuelles charnelles. Très probablement ceux-ci empêcheront le progrès et le salut ultime de la personne, bien plus que si elle avait joui de toute la fortune ou le bonheur possible.

Dans de tels cas, et ils ne sont pas rares, nous voyons Karma octroyer sur le plan matériel une récompense sous forme de richesse et de circonstances de vie favorables, et pour le caractère intérieur une punition par de nombreux défauts d’incapacité ou d’inaptitude d’intelligence ou de nature. Le cas inverse est tout aussi vrai. Je doute que notre interlocuteur se soit appliqué à analyser le sujet sous cet angle.

Tout homme est doué de conscience, et du pouvoir d’utiliser sa vie, quelle qu’en soit la forme et les circonstances, d’une façon correcte pour en tirer, dans les limites permises par son caractère, tout le bien possible pour lui-même et ses semblables. C’est son devoir de le faire, et selon qu’il y faillit ou s’y conforme, il en subira par la suite une punition, ou une récompense.

Il peut y avoir aussi une autre espèce de richesse que l’or, et une autre sorte de pouvoir qu’une position en politique ou dans la société. Un cerveau puissant, large, ouvert à tout, rapide et riche en connaissances est une grande possession dont un homme peut jouir. Il peut en faire un bon ou un mauvais usage. Il peut lui faire commettre des excès, des bassesses, et agir à l’encontre de tout ce qui est bien. C’est sa récompense à une longue vie antérieure de stupidité, suivie par d’autres vies d’actions et de pensées nobles. Comment notre interlocuteur expliquerait-il cela ? Celui qui reçoit une récompense peut en mésuser au point qu’à sa renaissance suivante, elle devienne pour lui une cause de punition. Ainsi, dans l’arc, nous ajustons sans cesse nos flèches, les rapprochant au plus près de l’oreille pour viser, puis les lançons très loin de nous. Quand nous pénétrons à nouveau dans le champ de la vie terrestre, ces flèches ne manqueront pas de nous frapper sous une forme humaine par nos ennemis, ou par des événements qui nous meurtriront. Ce n’est pas la flèche ou l’arc qui importe, mais le motif et la pensée qui président au lancement du projectile.

Hadji Erinn (alias William Quan Judge).

 


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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 14:21

Fausses notions sur la Doctrine Secrète

[Cet article fut publié en anglais par H.P. Blavatsky dans la revue Lucifer de juin 1890, sous le titre « Mistaken Notions On The “Secret Doctrine” »]

Depuis la publication de la Doctrine Secrète, des étudiants de la Théosophie (en dehors du cercle intérieur des sciences occultes) se sont plaint parce que les enseignements contenus dans cet ouvrage ne les satisfont pas. L’un d’eux, se référant à la critique longue et rageuse, insignifiante mais brutale, d’un vieil ennemi, me prend à partie pour avoir laissé le champ libre à de telles critiques en ne tenant pas suffisamment compte de la science et de la pensée modernes. Un autre me reproche mes explications incomplètes, et voici ce qu’il dit :

« Depuis dix ans, je suis un lecteur assidu de la littérature théosophique. J’ai lu et relu la Doctrine Secrète ; j’en ai comparé des passages, et rien n’est plus décourageant que de voir certaines des meilleures explications sur des points occultes qui au moment où elles commencent à devenir compréhensibles, être obscurcies par des allusion à une religion ou une philosophie exotérique, ce qui rompt le fil du raisonnement et laisse l’explication inachevée… Nous pouvons comprendre certaines parties, mais il nous est impossible d’arriver à une idée, même succincte, de ce qu’est Parabraham (l’Absolu), le 1er et le 2e Logos, l’Esprit, la Matière, Fohat, etc., etc. »

Ceci est le résultat direct et naturel de la fausse conception qui porte les étudiants à croire que l’ouvrage appelé la « Doctrine Secrète » soit destiné à confirmer la science moderne, ou à expliquer des « questions occultes ». Je me suis intéressée, et m’intéresse encore plus aux faits qu’aux hypothèses scientifiques. Mon seul et unique objet visait à faire ressortir que les principes fondamentaux de toutes les religions et philosophies exotériques, anciennes et modernes, étaient sans exception l’écho de la « Religion Sagesse » primitive. J’essayais de montrer que l’Arbre de la Connaissance, ou la Vérité elle-même, était Un ; et qu’en dépit de ses différences de formes et de couleur, le feuillage des rameaux, le tronc et les branches principales, étaient toujours identiques à ceux du vieil arbre, à l’ombre duquel s’était développée, et avait grandi la philosophie religieuse (maintenant) ésotérique, des races [c.-à-d., des peuples] qui précédèrent notre humanité terrestre actuelle.

Ce but, je crois l’avoir atteint dans la mesure du possible, en écrivant les deux premiers volumes de la Doctrine Secrète. Je n’avais pas l’intention d’expliquer au grand public, la philosophie occulte des enseignements ésotériques, car, dans ce cas, l’appellation de « secrète » n’eut été qu’un secret de « Polichinelle » crié à la manière d’un a parte sur une scène ; je voulais simplement transmettre ce qui pouvait être révélé, en le comparant aux croyances et aux dogmes des nations passées et présentes, et ainsi montrer quelle était la source originelle de ces croyances, et combien elles étaient dénaturées aujourd’hui. Si mon ouvrage paraît, en ces temps de prétentions matérialistes et d’iconoclasme universel, trop avancé pour les profanes – tant pis pour eux. Mais il n’est pas prématuré pour les étudiants sérieux de la Théosophie – sinon peut-être pour ceux qui avaient espéré qu’un traité sur les correspondances compliquées existant entre les philosophies et les religions d’un passé presque oublié, et celles de nos jours, aurait été aussi simple à comprendre qu’un roman à sensation acheté pour un shilling dans un kiosque de gare. Même un système de philosophie, tel celui de Kant, d’Herbert Spencer, de Spinoza ou d’Hartmann, exige plusieurs années d’étude. N’est-il donc pas logique qu’un ouvrage qui compare plusieurs douzaines de philosophies et plus d’une demi-douzaine de religions du monde – un ouvrage qui en révèle, avec les plus grandes précautions, les sources, par des allusions aux floraisons secrètes apparues ici et là – ne puisse être compris à la première lecture, ni même après plusieurs, à moins que le lecteur n’élabore sa propre méthode d’étude ? Ceci est faisable, et les « deux étudiants » [évoqués au début de l’article] ont montré que c’était possible. Ils ont synthétisé la « Doctrine Secrète », et ils l’ont fait de la manière la plus claire et compréhensible, dans cette revue. Pas plus que d’autres, ils n’ont pu comprendre cet ouvrage à la première lecture. Mais ils se mirent au travail avec un zèle ardent. Ils établirent un index en classant le contenu en deux rubriques : l’exotérique et l’ésotérique ; puis après avoir terminé cette tâche préliminaire, ils ont présenté la première partie à tous les lecteurs, et ont gardé la seconde partie pour leur propre usage et instruction pratique. Pourquoi tout théosophe sérieux ne ferait-il pas de même ?

Il y a plusieurs façons d’acquérir la connaissance : (a) en acceptant aveuglément les dogmes de l’église ou de la science moderne ; (b) en les rejetant, et en s’efforçant de trouver la vérité par soi-même. La première méthode est facile et assure le respect de la société et la louange des hommes ; l’autre est difficile et exige plus qu’un simple dévouement à la vérité : elle requiert le mépris des avantages personnels directs et une persévérance inébranlable. Il en était ainsi autrefois, et il en est de même de nos jours, à cette exception près peut-être, qu’actuellement une telle dévotion à la vérité est plus rare que dans le passé. Vraiment, le refus de l’étudiant oriental moderne de penser par lui-même est aussi frappant que les exactions des occidentaux, et leurs critiques des pensées d’autrui.

Il demande et s’attend à ce que son « Sentier » soit pourvu de tout le confort égoïste moderne, soit macadamisé, avec des chemins de fer rapides, des télégraphes et même des télescopes par lesquels il puisse, tout en restant assis à l’aise, surveiller le travail des autres, et tout en les critiquant, jouer à l’occultiste et à l’étudiant amateur de Théosophie. Le vrai « Sentier » de la connaissance ésotérique est très différent. Par les négligences son entrée est encombrée de ronces, et des parodies de la vérité en barrent depuis longtemps le passage ; l’orgueilleux  mépris de la suffisance et toutes les fausses vérités en masque l’accès. Il faut un travail incessant, et souvent ingrat, poursuivi, durant des années, pour seulement arriver à en passer le seuil ; et lorsqu’on se trouve de l’autre côté de l’entrée, on doit, tel un pèlerin harassé, poursuivre son ascension à pied, car le sentier étroit conduit à des hauteurs interdites, vertigineuses et inconnues de tous, sauf de ceux qui ont déjà atteint le sommet couvert de nuage. C’est ainsi qu’il doit monter pas à pas, et après avoir conquis chaque pouce de terrain par ses propres efforts, il doit poursuivre son ascension guidé par d’étranges bornes dont il ne peut connaître la nature qu’en en déchiffrant les inscriptions à demi effacées par le temps, car, au fur et à mesure qu’il progresse, malheur à lui si au lieu de les étudier, il les considère « indéchiffrables ». La Doctrine de l’Œil est maya [l’illusion] ; celle du « Cœur » seule peut faire de lui un élu.

Est-il étonnant que si peu atteignent le but, et que tant d’êtres soient appelés et si peu élus ? La raison n’en est-elle pas donnée en trois lignes à la page 39 de la « Voix du Silence » [édit. française (N.D.T)] ? Il y est dit que tandis que « Les premiers répètent avec orgueil “Voyez, je sais” ; les autres, ceux qui en toute humilité ont travaillé, confessent à voix basse : “Voilà ce que j’ai entendu” » ; et  ainsi  deviennent les seuls « élus ».

                   H.P. Blavatsky

 


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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 11:40

Unité, Étude, Travail

[Article paru dans la revue Théosophie, de mars 1929, Paris]

La grande tâche de la Théosophie consiste à changer le mental de l’humanité, car le mental est actuellement enchaîné par les sens et les passions. La vraie fonction du mental c’est d’être enchâssé dans l’âme, et de contrôler les sens et maîtriser les passions.

La doctrine fondamentale de notre philosophie enseigne que chaque homme est l’artisan de sa propre destinée. Tous nos privilèges, toutes nos facultés sont acquis grâce aux efforts soutenus de notre âme ; ils ne nous ont pas été conférés comme un don provenant on ne sait d’où, mais ont été gagnés par la douleur et la souffrance. Nous enrichissons notre connaissance et notre caractère ici-bas même et dès maintenant, par nos propres efforts, produits et projetés par nous-mêmes ; si nous sommes entravés et déçus si souvent, c’est parce que dans le passé, nous avons négligé les occasions offertes, ou avons été paresseux mentalement ou moralement indulgents. Nous sommes notre propre sauveur et nous nous condamnons nous-mêmes.

On se demande : « S’il en est ainsi, comment pouvons-nous alors changer le mental de l’humanité ? A quoi sert tout l’effort de propagation de la Théosophie ? Pourquoi ne pas laisser les gens trouver par eux-mêmes ? »

La Théosophie enseigne que la perfection de l’individu implique qu’il a acquis une vision universelle. Ses sens perçoivent toute la Nature ; son mental comprend toutes les lois ; son âme saisit l’unité de toutes les âmes. Il a vaincu l’illusion des formes matérielles différentes et antagonistes, et a perçu dans le laboratoire de la nature, qui est son cœur, l’hétérogénéité s’élaborant de l’homogénéité. Il a conquis le destructeur du réel, ce mental qui évalue d’une façon erronée les multiples processus de la vie, et ne comprend donc rien à la loi-mère (Karma) à l’œuvre dans ce laboratoire. C’est ainsi que l’individu a conçu le fait suprême qu’en lui-même, en réalité, que lui-même est ce laboratoire de la nature. Autrefois, il ignorait tout ce qui s’élaborait en lui, mais en vainquant sa propre nature, il a appris à maîtriser également la mère nature, et à s’élever au-dessus de toutes deux. De tels êtres sont de grandes Âmes, des Mahâtmas, qu’il est difficile de découvrir.

Cette conquête de la nature ne s’accomplit par en un instant ; elle exige de nombreuses vies et de longues périodes. Le procédé est lent et suit son cours cyclique, commençant à un moment de grande résolution et s’achevant en un instant de réalisation suprême. La vision universelle, complète et finale, résulte d’une expansion lente et graduelle ; la connaissance croît de plus en plus ; les capacités s’acquièrent une à une.

Dans le silence de minuit, nous entendons parfois le battement de notre propre cœur. De même, dans la paix sanctifiée, quand nos passions sont mortes, nous percevons les pulsations de la nature. En cet instant, l’on entend résonner la note unique et unifiée du sacrifice solennel qui est la nature, et nous sentons qu’elle doit jouer son rôle dans le chant de la vie.

Nous comprenons que la nature n’est pas vraiment destructive, les dents et les griffes rouges de sang, mais qu’elle est philanthropique et altruiste. De cette vision naît la décision de la connaître, de faire usage de son sacrifice magnifique pour s’élever au dessus d’elle – pour découvrir, peut-être, qu’elle nous ouvre d’autres océans inconnus qu’il nous faudra, une fois encore, nous mettre à conquérir.

L’étudiant en Théosophie est encouragé par sa philosophie même, à chercher le Soi qui réside au plus profond de son propre cœur. « Celui qui, par une similitude trouvée en lui, ne voit qu’une seule essence en toutes chose, qu’elles soient bonnes ou mauvaise, est considéré comme le plus excellent des dévots. » Ceci n’est pas seulement une question à méditer mais à mettre en action. Par une pratique constante et répétée, ses sens finissent par se mettre sous le contrôle de l’âme ; par une lutte sans cesse renouvelée et par une vigilance de tous les instants, ses passions sont maîtrisées, ses sentiments purifiés et ses vertus rayonnent la lumière de l’âme ; par des actes de bonté et de compassion, répétés fréquemment, par l’étude entreprise journellement et régulièrement, par un travail poursuivi conformément à cette première vision du grand sacrifice qui est la nature – l’homme s’épanouit en un Adepte.

Nous efforcer de nous unir à des co-étudiants, essayer d’étudier en compagnie de frères-serviteurs, tenter de travailler pour l’humanité, le véhicule suprême et le plus important de la nature, voilà les trois grands points, les « trois grands pas » grâce auxquels Vishnou englobe l’univers.

Ainsi donc, frères – unissons-nous, étudions, et travaillons.


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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:59

La Vraie Connaissance

« La vraie connaissance relève de L’Esprit et de l’Esprit seul, et ne peut être acquise d’aucune autre manière, sauf dans la région du mental supérieur, le seul plan à partir duquel on peut pénétrer dans  la profondeur de l’Absolu  omniprésent » - H.P. Blavatsky, The Secret Doctrine(revue Theosophy, Décembre, 1913).

Le Sentier de l’Amour

« Ceux d’entre nous qui pensent que la connaissance peut être acquise sans le chemin de l’amour se trompent. L’âme est consciente de ce qu’elle exige. Elle exige l’altruisme, et tant qu’on ne le pratique pas, l’étude intellectuelle seule ne mènera nulle part. » - W.Q. Judge (revue Théosophy, Décembre, 1913)

 « Sème des actions de bonté et tu moissonneras leurs fruits. L'inaction dans un acte miséricordieux devient action dans un péché mortel. » — H.P. Blavatsky, La Voix du Silence, p. 47

« La vie d'altruisme est moins un haut idéal qu'une question de pratique. Il est donc naturel que la Théosophie trouve un refuge dans le cœur et le mental de beaucoup d'êtres et qu'elle éveille une harmonie pleine de résonances dès qu'elle frappe les oreilles de ceux qui sont prêts à écouter. Ici, donc, se trouve une partie de votre travail : lever bien haut la torche de la liberté de l'Âme, de la Vérité, afin que tous puissent la voir et recevoir les bienfaits de sa lumière. — H.P. Blavatsky, Les Cinq Messages, p. 26/7.

La Souffrance des « Messagers »

« Où trouvons-nous dans l’histoire un “Messager”, grand ou petit, Initié ou Néophyte qui, porteur d’une ou plusieurs vérités jusqu’alors cachées, n’ait pas été crucifié et mis en miettes par les “dogues” de l’envie, de la méchanceté et de l’ignorance ? Telle est la terrible loi Occulte et celui qui ne se sent pas le cœur d’un lion pour mépriser les aboiements, et l’âme d’une colombe pour pardonner aux pauvres fous ignorants, n’a qu’à abandonner la Science Sacrée. » — H.P. Blavatsky, (Revue Théosophie, Vol.1, n°9).

La Sagesse Antique

 « La Sagesse Antique appelée Théosophie fut exposée pour la première fois dans notre ère par H.P.Blavatsky. Elle enseigna la Science du Développement de l’Âme par la confiance dans le Soi, et par le rejet du rituel et du cérémonial, par le rejet de l’autorité des prêtres et du psychisme, par le rejet de nouveaux « messages » et de nouveaux “messies” ». (Revue Théosophie, Vol.1, n°10)

Le messianisme

« Ce n’est pas dans le Kali-Yuga, notre âge actuel d’Obscurité terriblement matérialiste, l’« Age Noir », qu’un nouveau Sauveur de l’Humanité pourra jamais paraître. » — H.P. Blavatsky. (La Doctrine Secrète, Éd. française, 2e Vol., p. 204-205).

Les Disciples

 « Un Chéla (disciple) est un malheureux qui est entré sur « un sentier non manifesté », et Krishna dit que, « c’est le sentier le plus difficile » [La Bhagavad Gîtâ, ch. XII, v. 5]. Au lieu d’être constamment le porte-parole de son Gourou [Maître], il est laissé plus seul dans le monde, que ceux qui ne sont pas Chélas… Ayant été accepté comme Chéla, il n’est pas exact qu’il soit simplement l’instrument de son Gourou. Il parle comme un homme ordinaire, alors comme auparavant, et c’est uniquement lorsque le Maître envoie par l’intermédiaire du Magnétisme du Chéla, une lettre écrite réelle, que les spectateurs peuvent dire qu’une communication a été transmise par lui. Il peut arriver, comme éventuellement à tout auteur, qu’un Chéla élabore quelques phrases belles et vraies, mais il ne faut pas nécessairement en conclure que pendant qu’il parlait, le Gourou s’exprimait par le Chéla. S’il y avait un germe de bonne pensée dans le mental du Chéla, l’influence du Gourou, comme une douce pluie sur la graine, a pu la faire jaillir soudainement à la vie et fleurir d’une façon inattendue, mais ce n’est pas pour cela la voix du Maître. En réalité, les cas sont rares où les Maîtres parlent par un Chéla. » — H.P. Blavatsky (Revue Théosophie, Vol.III, n°12).

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:35

Bhakti, la dévotion dans la Foi

[Cet article a été publié pour la première fois par M. Judge dans la revue The Path d’avril 1891]

Un Chéla [disciple] de haut rang envoya  à son Gourou le message suivant :

« Dis au fou que les hommes ont perdu le calme,

« Dis au fou que la nourriture ne trouve plus d’acheteurs,

« Dis au fou qu’en pratique il n’y a pas d’état incertain,

« Dis au fou que ceci a été dit par quelqu’un qui est fou ».

Le Gourou sourit tristement et laissa tomber la tête en silence. Peu de temps après, ce Gourou disparut soudainement, et le Chéla mourut quelque mois plus tard.

Le Gourou était Shri Krishna Chaitanya, le fondateur de la secte Vaishnava actuelle au Bengale. Son but fut de créer une fraternité spirituelle de l’Humanité, sans distinction de caste ou de croyance. A une époque où les règles de caste étaient observées plus strictement qu’à présent, où les Hindous et les Musulmans étaient ennemis mortels, où les différentes sectes religieuses hindous se détestaient férocement, et où de terribles rites tantriques poussaient les hommes à offrir des victimes humaines sur les autels de nos Déités, Chaitanya et ses disciples semèrent des graines de paix et de bonne volonté pour tous les hommes sur terre, mirent de côté toutes les règles de caste, et admirent même des Musulmans dans leur fraternité sur un pied de parfaite égalité.

Ce Brahmine fort intelligent et instruit, Chaitanya, quitta son foyer, abandonna tout confort, et, devenant un proscrit volontaire à un âge peu avancé, dévoua le reste de sa vie au bien spirituel de l’humanité. Son humilité, sa douce attitude, son merveilleux sacrifice de soi, sa dévotion à la cause et sa bonté pour tous sont au-dessus de toute louange. Tandis que son érudition faisait une profonde impression sur tous ceux qu’il rencontrait, son humilité et sa douceur supprimaient toute amertume à ceux qu’il dominait dans une discussion religieuse.

Il vécut une vie de strict célibat après avoir quitté son foyer et était très sévère avec ses disciples à ce sujet.

La philosophie qu’il enseigna à ses disciples au sujet de l’évolution cosmique ressemble étrangement à la Doctrine Secrète, tandis que la Société ou Fraternité qu’il essaya d’établir sur terre est pour ainsi dire un perfectionnement de la Société Théosophique, la seule différence étant que sa société était basée sur Bhakti, la Foi ou la Dévotion, tandis que la nôtre l’est sur Gnanam ou la connaissance.

Mais qu’est-ce que Bhakti ? C’est l’aspiration inexprimable de l’âme pour l’Intelligence Suprême, c’est la sœur-Jumelle de Gnanam, le Sentier de l’Humilité, de l’Amour et de la Dévotion. Bhakti gît latente en tout homme, mais est rendue inactive surtout par notre égoïsme et notre orgueil. Son premier rayonnement en nous est ce qui est appelé dans la Bhagavad-Gîtâ : Satwikee Sraddha [la foi sattvique, c-à-d la foi attachée à la vérité] (Gita, XVII, 2). La joie d’un dévot, la fidélité d’un domestique à son maître, l’amour de la mère pour son enfant, l’amitié sincère ou l’amour sexuel, sont toutes des manifestations (dans bien des cas par l’intermédiaire de Kama) de la même faculté spirituelle latente en nous : Bhakti.

Nos efforts pour le progrès spirituel ont tous un nom commun : Yoga, ou plus exactement Sadhana. Sadhana est triple : Gnanam, la connaissance, Yoga proprement dite et Bhakti. Pour un Gnanee ou celui qui sait, CELA est Brahm (Le Principe qui pénètre l’Univers) ; pour un Yogi, Atma (ou notre Soi Supérieur) est CELA ; pour un Bhakti, Bhagavan (le Seigneur de tous les pouvoirs, ceux-ci étant divisés en six classes) est CELA.

Selon ses aptitudes, chaque individu choisira donc une des trois voies ou division de l’effort. L’entraînement préliminaire semble cependant avoir bien des points communs pour toutes trois, notamment : un strict végétarisme, une vie de célibat, de pureté de pensées, de paroles et d’actions, et la dévotion à l’esprit.

K.P. Mukherji – Berhampore, Bengale, Inde – Revue Théosophie, IX, n°7


 

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