Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 02:25

Isis Dévoilé cite également Paracelse et dit : (I.U. 212-13)

"Trois esprits animent et font agir l'homme", enseigne Paracelse ; "trois mondes projettent sur lui leurs rayons ; mais tous les trois opèrent uniquement comme l'image et l'écho d'un seul et même principe constructeur et unificateur. Le premier est l'esprit des éléments (corps terrestre, et force vitale dans sa condition grossière) ; le second, l'esprit des astres (corps sidéral ou astral, l'âme) ; le troisième est le divin esprit (Augoeides)".

L'homme est un petit monde, un microcosme à l'intérieur du grand univers. Comme un fœtus, il est suspendu par ses trois esprits, dans la matrice du macrocosme ; et tandis que son corps terrestre est en sympathie constante avec son parent terrestre, sa mère, son âme astrale vit à l'unisson de l’anima mundi sidéral. II est en elle, comme elle est en lui, car l'élément qui pénètre tout remplit tout l’espace, et il est lui-même l’espace infini, et sans bords. Quant à son troisième esprit, le divin, qu'est-il, sinon un rayon infinitésimal, une des innombrables radiations procédant directement de la plus Haute Cause – la Lumière Spirituelle du Monde ? C'est la trinité de la nature organique et inorganique, spirituelle et physique, trois en un, et dont Proclus dit que "La première monade est le Dieu Eternel ; la seconde l'éternité ; et la troisième le paradigme, ou modèle de l'univers", les trois constituant la Triade intelligible. Toute chose en cet univers visible, découle de cette Triade, et elle-même une triade microcosmique. Elles se meuvent donc dans une procession majestueuse, dans les champs de l'éternité, autour du soleil spirituel, comme, dans le système héliocentrique les corps célestes se meuvent autour des soleils visibles. La Monade de Pythagore qui vit "dans la solitude et les ténèbres", peut demeurer éternellement invisible sur cette terre, impalpable, et indémontrable par la science expérimentale. Toutefois, l'univers tout entier gravitera autour d'elle comme il l'a fait depuis le "commencement des temps", et à chaque seconde, l'homme et l'atome se rapprochent de plus en plus de ce moment solennel dans l'éternité, où la Présence Invisible se révélera à leur vue spirituelle. Lorsque chaque particule de matière, même la plus sublimée, aura été rejetée de la dernière forme qui constitue l'ultime chaînon de cette chaîne de la double évolution qui, à travers des millions de siècles et de transformations successives, a poussé l'entité en avant, et lorsqu'elle se retrouvera vêtue de l'essence primordiale, identique à celle de son Créateur, cet atome organique, jadis impalpable, aura terminé sa carrière et les fils de Dieu "crieront de joie" une fois de plus au retour du pèlerin.

Ayant réfléchit sur cet extrait, l’attention de l’étudiant est invitée à se pencher sur le passage suivant tiré de La Doctrine Secrète (I. 246-47) :

La Monade ou Jiva, comme il est dit dans Isis Dévoilé, fut d'abord projetée par la Loi d'Evolution dans la forme la plus inférieure de la matière – l'état minéral. Enfermée dans la pierre (ou dans ce qui deviendra minéral et pierre dans la Quatrième Ronde), elle en sort, après une septuple giration, comme ce que nous pourrions nommer un lichen. Passant ensuite à travers toutes les formes de la matière végétale dans ce que nous appelons la matière animale, elle atteint le point où elle est devenue le germe, pour ainsi dire, de l'animal, qui deviendra l'homme physique. Tout cela, jusqu'à la Troisième Ronde, est sans forme en tant que matière, et, en tant que conscience, dépourvu de sens. Car la Monade, ou Jîva, per se, ne peut même pas être appelée un Esprit : c'est un Rayon, un Souffle de l'ABSOLU, ou plutôt l'ABSOLU lui-même et l'Homogénéité Absolue, n'ayant pas de relations avec le fini conditionné et relatif, est inconsciente sur notre Plan. Par conséquent, en dehors des matériaux qui seront nécessaires à sa forme humaine future, la Monade demande : a) un modèle spirituel ou prototype, pour donner une forme à ces matériaux, et b) une conscience intelligente pour guider son évolution et son progrès or, c'est ce que ne possèdent ni la Monade homogène, ni la matière dépourvue de sens, quoique vivante.

Les girations de la Monade ou Jiva forment la première des trois lignes d’évolution ; la seconde et la troisième, respectivement, sont connectées à la Conscience Intelligente et le modèle autour duquel se construit lui-même le corps.

L’Homme est composé de trois hommes – l’homme de poussière, de pensée, de lumière ; ‘‘il est corps, âme et esprit’’ (Isis Dévoilé, II. 223) ; il est chhaya, manas-putra et jiva ; il est fait de terre (prithivi) de feu (agni) et d’ether (akasha) ; il est d’une part, le soi inférieur, divin et éternel (La Voix du Silence), et de l’autre, mains, tête et cœur du corps.

Notre livre affirme:

Personne ne niera que l'être humain soit en possession de diverses forces, magnétiques, sympathiques, antipathiques, nerveuses, dynamiques, occultes, mécaniques, mentales, en un mot, de toutes sortes de forces et que les forces physiques sont toutes biologiques dans leur essence, puisqu'elles se mêlent et, souvent, se fondent avec les forces que nous avons appelées intellectuelles et morales, les premières étant, pour ainsi dire, les véhicules, les oupâdhis des secondes. Personne, parmi ceux qui ne refusent pas une âme à l'homme, n'hésiterait à dire que leur présence et leur mélange sont l'essence même de notre être ; qu'elles constituent en fait l'Ego dans l'homme. (S.D. I. 469-70)

Il est nécessaire pour l’étudiant de se demander : comment ces trois natures basiques différentes arrivent-elles à être ce qu’elles sont ? De quelle progéniture sont-elles? Quelle destinée les attend ainsi que leur parent macrocosmique ? Pendant que nous cherchons les réponses, nous sommes forcés de rechercher si l’homme est le point central du schéma entier de l’évolution ; d’autre part, dans la Nature qui est gouvernée par la Loi, quelle expression spécifique en l’occurrence devrait être premièrement maîtrisée afin de comprendre le processus en entier ? A la première question, il y a une réponse qui est donnée – l’évolution finale de toute chose de nature terrestre vers l’homme est un fait ; à propos de la seconde, la montée et la descente de la Nature due à Karma se produit par cycles. La considération de ces problèmes est maintenant un fait, et comme préparation à des fins de méditations nous pouvons offrir l’extrait suivant (S.D. I, 261) :

La Doctrine Occulte est, à notre avis, plus logique. Elle enseigne l'existence dans la Nature d'une Loi cyclique invariable, attendu que la nature n'a aucun "but spécial" personnel, mais agit en se conformant à un plan uniforme qui persiste durant tout le cours de la période Manvantarique et concerne le ver de terre, comme il concerne l'homme. Ni l'un ni l'autre n'a cherché à naître, aussi sont-ils soumis tous deux à la même Loi Evolutive. Tous deux sont partis du même Centre Neutre de Vie et tous deux doivent s'y fondre de nouveau à la consommation du Cycle.

B.P. WADIA

Repost 0
27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 16:24

XII – L’Altruisme de La Doctrine Secrète (Suite et fin)

 

Les conseils et instructions si souvent prodigués afin que le désir de servir devienne une habitude pour tous les étudiants de la Sagesse et tous les aspirants à la spiritualité sont enracinés dans ce fait que toute la Nature est une unité. L’aspect actif de l’Esprit se manifeste comme le pouvoir d’union inhérent aux éléments chimiques ou aux cœurs humains. « Les rivières se mêlent à l’océan », « les montagnes baisent le haut Ciel », « du soleil la lumière étreint la terre, les rais de lune baisent la mer » et

Rien dans le monde n’est solitaire

Toutes choses par loi divine

En un esprit se rencontrent, se mêlent.(11)

 

Les poètes et les mystiques perçoivent cette Fraternité dans la Nature, même vaguement, par exemple Shelley(12) :

Terre, océan, air, fraternité bien-aimée !

Si notre grand-mère a imbu mon âme ?

Avec quelque piété naturelle pour sentir

Votre amour, et récompenser cette faveur avec le mien

Si à aucun oiseau brillant, insecte ou gentille bête

Je n’ai en toute conscience fait de mal, mais si je les

ai toujours aimés

Et chéris comme des parents, alors, pardonnez-moi

Cette vanterie, frères bien-aimés, et ne me retirez

Rien de votre faveur coutumière !(13)

 

Alors que le poète ressent cela de manière mystique, le Sage de la Connaissance occulte en perçoit le fait et l’étudiant de La Doctrine Secrète est amené à l’apprendre. Les Trois Propositions Fondamentales connues comme altruisme, intuition et perception des Principes universels sont présentés dans la Gita de la façon suivante :

      Je te dirai maintenant l’objet de la sagesse dont la connaissance procure à l’homme l’immortalité ; c’est ce qui est sans commencement, c’est en vérité Brahman le Suprême qui ne peut être qualifié d’Être ou de Non-Être. Il a des mains et des pieds dans toutes les directions ; des yeux, des têtes, des bouches et des oreilles dans chaque direction ; il est immanent dans le monde et possède le vaste tout.  Lui-même dépourvu d’organes, il est reflété par tous les sens et toutes les facultés ; non attaché et cependant supportant tout ; sans qualités et cependant le témoin de toutes les qualités. Il est à l’intérieur et à l’extérieur de toutes les créatures animées et inanimées, il est inconcevable à cause de sa subtilité et, quoique proche, toujours lointain.

      De même qu’un seul soleil illumine le monde entier, ainsi l’Esprit Unique illumine chaque corps, ô fils de Bharata.(14)

         Ce qui suit est tiré des Upanishads.(15) :

      Lui seul brille. Par sa lumière, tout ceci qui nous entoure fut allumé, et continue de briller. (Katha, V, 15)

      Cette lumière qui resplendit bien au-dessus de cet espace céleste, au-dessus de la création tout entière, au-dessus de tout, et qui se trouve dans les mondes suprême que rien ne peut surpasser en perfection, est certainement cette lumière qui réside à l’intérieur de l’être humain. (Chhandogya, III.xiii.7)

      Ceci est la vérité : de même que d’un feu en plein flamboiement s’envolent des étincelles par milliers, de même essence que le feu, de même, mon ami, de l’Éternel surgissent les diverses créatures, qui en sortent et y retournent. (Mundaka, II.i.1.)

La Lumière à l’intérieur de l’homme est celle de l’Étincelle du Feu Éternel qui toujours brûle auquel les anciens Iraniens et leurs descendants modernes les Parsis rendent hommage et qu’ils invoquent avec vénération ainsi :

      Puisses-tu illuminer ce foyer ! Puisses-tu y brûler toujours ! Puisses-tu croître et grandir, même jusqu’à ce Jour lointain où le Rétablissement du Pouvoir aura lieu, jusqu’au temps de la Rénovation, faite de bonté et de force, du Monde. (Atash-Nyaish).(16)

On peut faire de nombreuses citations mais permettez-nous de vous citer la source de toutes celles « dans le langage mystérieux des anciennes Stances » dans lesquelles les Trois Propositions Fondamentales sont enseignées en termes de principes universels et particuliers, sur lesquelles nous devons réfléchir jusqu’à ce que nous les percevions par l’Intuition et que nous brisions l’illusion de « Ton Âme et Mon Âme » par l’Altruisme. (La Doctrine Secrète, I. 120) :

      Lève la tête, ô Lanou : vois-tu une lumière ou des lumières innombrables au-dessus de toi, brûlant dans le ciel noir de minuit ?

      J’ai la sensation d’une seule Flamme, ô Gurudeva. Je vois des milliers d’étincelles non détachées qui brillent en elle.

      Tu dis vrai. Et maintenant, regarde autour et en dedans de toi-même. Cette lumière qui brûle au-dedans de toi, la sens-tu différente d’une quelconque manière de la lumière qui brille dans tes Frères humains ?

      Elle n’est nullement différente, quoique le prisonnier soit tenu en captivité par Karma, et que ses vêtements extérieurs trompent les ignorants en leur faisant dire : "Ton Âme et Mon Âme.(17

_____________________________________________

 

11    Percy Bysshe Shelley, Poème « La philosophie de l’amour ».

12    Percy Bysshe Shelley, Poème « Alastor ou l’esprit de la solitude ».

13    Œuvres poétiques complètes de Shelley, traduction par F. Rabbe, T. I, 2e éd. Paris, P.-V. Stock, 1907.

14    Traduction L.U.T. La Bhagavad-Gita éd. Textes Théosophiques.

15     Voir le site http ://www.les-108 upanishads.ch/.

16    Dans le Zoroastrisme on parle bien de Rénovation de la Création.

17    Traduction Adyar.

 

Repost 0
15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 17:05

 

                 ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

XII – L’Altruisme de La Doctrine Secrète

[Traduction du chapitre “Altruism of The Secret Doctrine, de B.P. Wadia –
Éd.
Theosophy Compagny Mumbai, Inde – © Traduction Compagnie Théosophie Paris]

 

 

         Dans notre premier article nous avons pris note de la méthode d’étude conseillée par H.P.B. dans ses « Notions erronées sur La Doctrine Secrète ». Dans les études qui ont suivi, nous sommes parvenus aux bases requises. Si nous décidons d’acquérir la connaissance des principes universels, qui est la voie sûre pour libérer notre mental des griffes des principes particuliers kamiques, nous sommes sûrs de contacter le plan de l’intuition au bon moment et alors notre Volonté Créatrice agira de façon altruiste. Mais nous ne devons pas attendre que la compassion exprime l’altruisme et seulement réfléchir aux fins cosmiques, déterminés à voir l’un dans le multiple ; en faisant cela, nous devons consacrer du temps et de l’attention à La Voix du Silence, à nous servir de La Clef de la Théosophie, pour aider l’intuition et l’altruisme en cours d’éveil.

         Avec ce bagage, nous sommes prêts à attaquer le livre, et dans notre plan, bien entendu,  la première chose que nous devons essayer de maîtriser ce sont les Trois Propositions Fondamentales établies par La DOCTRINE SECRÈTE et dont traite La Doctrine Secrète. Ce sont des axiomes et il n’est pas nécessaire de les postuler. Ce sont des Vérités évidentes par elles-mêmes - des Vérités évidentes pour le Soi. Le Soi Universel par sa perception, sait, réalise, et même est ces Vérités. Nous, les êtres humains, ne les voyons que partiellement et notre croissance n’est que croissance dans la réalisation de ces trois Vérités. Que l’on comprenne clairement qu’en ce qui les concerne, il n’y a aucun ordre d’importance, de succession ni même de compréhension. Dans la mesure où nous en comprenons une, nous comprendrons les deux autres, dans la même proportion. Les Propositions Fondamentales forment le Triangle original, idéal et archétypal, à trois côtés égaux – Esprit Immortel, Matière Indestructible, Énergie toujours-conservée, à trois angles égaux - Idéation, Forme, Mouvement. On peut aussi les envisager comme le Cercle, la Sphère, le Plein, résultant du Point et constitués de points. Comme espace et comme lieu, grand ou petit, comme durée et comme temps, long ou court ; le Un Non-Manifesté et sa manifestation triple est partout ; la Nature Une Indivisible Trinité, devenant des trinités sans fin. Ainsi Le Devi Bhagavat(5) enseigne : « On peut dénombrer les grains de sable, mais on ne peut compter les univers » ; et dans l’une des Upanishads les moins connues, il est dit :

                  Tout autour de ce Brahmanda (l’Œuf de Brahma, par ex. un système solaire) flamboient à l’infini des millions de Brahmandas, chacun a sa propre coquille (ou enveloppe, chaque soi sa propre sphère) à quatre faces, à cinq faces jusqu’à atteindre des parties de Narayana(6) à mille faces, dans lequel la qualité de Rajas prédomine, chacun déployant un système de mondes, chacun sa déité présidente. Des aspects de Narayana, nommés Vishnu et Maheshvara(7), dans lequel les qualités de Sattva et de Tamas prédominent, sont aussi présents, accomplissant leur œuvre de préservation et de destruction, de conservation et de régénération. Ces Brahmandas flottent comme des bancs de poissons dans l’Océan de l’Existence ; ces Brahmandas enflent et éclatent comme des bulles à la surface des Profondeurs toujours existantes.

         Il est dit ci-dessus que ces propositions sont des axiomes, mais elles ne sont pas évidentes pour tous, pas plus que l’axiome qu’une ligne est une longueur sans largeur n’est une évidence pour les débutants dans l’étude d’Euclide. Comme dans toute autre science ou philosophie, l’étudiant en Théosophie doit apprendre ces Trois Propositions Fondamentales et si ses facultés ne parviennent pas à lui révéler leur caractère axiomatique, il doit alors commencer par les postuler. Ceci ne signifie pas que celui qui postule ne verra jamais la nature axiomatique de ces propositions pas plus que l’élève qui postule que le point a une position mais pas de largeur demeurera aveugle à cet axiome.

         Jetons un coup d’œil rapide sur ces propositions traitées aux pages 14 à 18 du Volume I de manière à pouvoir les relier à ce qui vient d’être dit ci-dessus. « La réalité impersonnelle qui pénètre le Cosmos » (pp. 14 et 15) est le Parent Universel de toutes les personnalités individuelles. Chacun d’entre nous Y a sa racine. Voici une proposition sur laquelle il faut réfléchir jusqu’à ce qu’elle féconde le mental et que ce dernier conçoive la réalité qu’il détient à l’intérieur. Nous alternons entre l’oubli et la mémoire de cette Réalité, qui engendre  « l’Éternité du Pèlerin » qui est « comme un clignement de l’Œil de la Soi-Existence » (pp. 16 et 17), cet œil n’étant pas d’un Être, ni une chose, mais en lui-même une condition, un état ou un plan, qui est la Réalité Impersonnelle. C’est ainsi que naissent notre état de veille et notre sommeil, nos jours et nos nuits, notre vie et notre mort, notre involution et notre évolution, le « retour régulier du flux et du reflux » (p. 17). C’est la deuxième proposition qu’il faut regarder et contempler avec l’œil du cœur qui est l’intuition – le mystère de la diastole et de la systole du cœur spirituel qui dans son extension se souvient et dans sa contraction oublie la Vérité des vérités – son propre état impersonnel toujours-existant. On laisse derrière soi cet oubli, on peut revêtir l’habit de la mémoire lorsque ce cœur «  par des efforts auto-induits et auto-déterminés » (p. 17) peut agir avec altruisme pour le tout dont il n’est qu’une partie. L’Altruisme est la vraie mémoire de la vérité de « L’identité fondamentale de toutes les Âmes avec la Sur-Âme Universelle » (p. 17). C’est la troisième proposition que nous connaîtrons par et grâce à l’action – « du fait de son effort et de son mérite personnels » (p. 17) – par le travail de l’amour, par une corvée rendue divine.

         Percevoir l’interrelation et l’interdépendance de l’homme et de la nature ; établir la correspondance qui existe entre les principes universels et particuliers ; savoir que notre mental est le théâtre où s’expriment les énergies de l’Esprit et les ombres projetées par les mouvements de la Matière ; pratiquer la doctrine de la Fraternité Universelle – tous sont les descriptions d’un seul et même processus, dans différentes langues, de principes métaphysiques ou éthiques. La même vérité, identique, est contenue dans les deux citations suivantes – la première est exprimée de façon métaphysique, la seconde de façon éthique.

                  Celui qui prétend être un occultiste ne doit séparer, ni lui-même ni quoi que ce soit, du reste de la création ou de la non-création. A partir du moment où il se distingue même d’un vase à usage vil(8), il ne pourra pas s’unir à un vase à usage noble. Il doit penser de lui-même qu’il est un quelque chose d’infinitésimal, même pas un atome individuel, mais comme une partie des atomes du monde dans leur ensemble, ou devenir une illusion, un rien du tout et disparaître comme un souffle sans laisser de trace derrière lui ? En tant qu’illusions, nous sommes des corps distincts séparés, vivant sous les masques prêtés par Maya(9). Pouvons-nous prétendre à ce qu’un seul atome de notre corps soit bien à nous ? Tout, de l’esprit à la plus infime particule, est une partie du tout, au mieux un maillon. Brisez un seul maillon et c’est l’annihilation ; mais cela est impossible. (Les Transactions of the Blavatsky Lodge, p. 138.)

                  « Celui qui ne pratique pas l’altruisme ; celui qui n’est pas prêt à partager son dernier morceau de pain avec un être plus faible ou plus pauvre que lui ; celui qui néglige d’aider son frère, de quelque race, nation ou croyance qu’il soit, chaque fois et partout où il rencontre de la souffrance, et qui fait la sourde oreille aux cris de la misère humaine ; celui qui entend une personne innocente calomniée, que ce soit un frère théosophe ou non, et ne prend pas sa défense comme il le ferait pour lui-même — n’est pas un Théosophe(10). (Lucifer, Vol. I, p. 169)

                                                                                                                         (A SUIVRE)

 

         ______________________________

5    Le Devi-Bhagavat  fait partie des Puranas, groupes de  textes religieux anciens de la littérature indienne.

6   « The Mover on the Waters », Celui qui se meut sur les eaux, titre de Vishnu, dans son aspect d’Esprit Saint.

7   Le Dieu Shiva.

8   Image empruntée à l’évangile de Timothée 2. 20-21.

9   Maya, l’Illusion.

10  H. P. Blavatsky, extrait de l'article « Que chacun donne les preuves de son travail » Cahier théosophique n° 90.

 

 

 

Repost 0
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 11:18

ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

XII – L’Altruisme de La Doctrine Secrète

[Traduction du chapitre “Altruism of The Secret Doctrine, de B.P. Wadia –
Éd.
Theosophy Compagny Mumbai, Inde – © Traduction Compagnie Théosophie Paris]

         Dans les études précédentes, nous avons vu comment une approche juste des écrits d’H.P. Blavatsky [H.P.B.] développe la faculté de l’intuition et déploie ainsi cette perception du mental qui nous permet de voir les principes universels qui sont cachés dans une myriade de principes particuliers et en même temps en sont leur base. La Doctrine Secrète enseigne à ses élèves comment se servir correctement de leur cœur et aussi de leur tête. La purification et l’illumination à la fois du cœur et du mental sont le résultat de l’étude correcte du livre, mais pas avant qu’un troisième facteur n’entre aussi en jeu.

         Dans la toute première étude de ces séries nous avons déjà souligné la façon dont nous devrions accepter le message d’H.P.B. dans son ensemble sans en exclure une partie de ses écrits. De façon similaire, nous ne pouvons recevoir le message de La Doctrine Secrète que grâce à un exercice à 3 niveaux qui activera les énergies de l’homme tout entier.

         Le mental inférieur qui analyse et qui raisonne peut comprendre les centaines de faits et les milliers de détails du livre ; mais c’est le mental supérieur synthétique seul qui peut comprendre les principes universels. Mais même ce mental supérieur ne réussira pas dans cette tâche s’il ne reçoit pas l’aide de la perception de l’intuition, l’énergie du Cœur. Même cette énergie du cœur devra encore être dynamisée par l’action et alors seulement La Doctrine Secrète révèlera son contenu dans toute sa gloire. Notre nature kamique se purifie et se transforme au contact des forces actives de l’intuition. La passion devient l’amour  - cet amour supérieur qui est la dévotion, la vraie bhakti, dépourvue de sentimentalisme. De même que l’amour diffère d’un emballement, de même la dévotion se distingue de la ferveur religieuse. Ce type inférieur de dévotion possède une gamme assez étendue. Les ritualistes religieux, les pujari(1), qui créent et adorent une image, même supérieur au simple adorateur d’idoles, se sont implantés sur ce sentier et fleurissent comme les amants du Soi, qui est eux-mêmes. Se libérant des entraves de Karma, cherchant la Paix, ils vont au sommeil de la paix, pour se réveiller au petit matin et souffrent des perturbations du jour. Le message d’H.P.B nous met en garde contre les tentations sournoises de ce sentier. L’histoire de l’occultisme abonde en exemples d’échecs retentissants sur le Chemin qui mène à l’Esprit résultant du développement de la compréhension supérieure et de l’intuition, qui a perçu les principes universels, mais où le monde de l’humanité est laissé derrière dans cette démarche. Compréhension par le mental supérieur et perception par l’intuition ne suffisent pas à moins qu’ils n’entraînent l’action qui est l’altruisme.

         L’homme quadruple inférieur, le quaternaire, doit devenir une triade, et La Doctrine Secrète, qui est un livre d’occultisme pratique, nous aide à accomplir cette tâche. La triade supérieure doit être transmutée en la Tetractys Sacrée – c’est le but qu’enseigne le message d’H.P.B. La seule énergie de l’altruisme unifie toutes les actions entreprises en termes de compréhension des principes universels et accomplies en termes de perception intuitive du Cœur.

         « Un grand intellect et trop de connaissance sont une arme à double tranchant dans la vie, des instruments servant le mal comme le bien. » (La Doctrine Secrète, II, 163). Dans la Vie - Esprit on peut dire la même chose de la qualité de Cœur de la Dévotion. Le cœur peut sauver le mental et il le sauve, mais à son tour, il doit être sauvé. L’Âme Phénix renaît des cendres de son propre passé mort - l’oiseau de la vie, et au lieu de désirer une vie de passions, dans laquelle elle a lutté et appris, aspire maintenant à une Vie de Paix et de Repos, ou d’Émancipation ou Mukti. Cependant elle reste l’enfant de Kama, elle est toujours le premier-né d’Éros. Cette passion élevée, cette spirituelle Tanha(2), cette mumuksha, ce désir de libération est l’épreuve suprême du Dévot, le Bhakta, qui a vu l’aspect transitoire des formes de la vie construites par le désir mais qui doit maintenant voir la petitesse de la vie des formes construites par le désir du Mukti(3) ou de la Libération. Le désir de vie dans les formes a laissé place au désir d’une vie sans formes ; le rêveur veut maintenant un sommeil sans rêves, dans la Béatitude de l’Introspection, alors que des millions d’êtres souffrent les maux de l’existence.

         La Doctrine Secrète insiste bien sur cette leçon extraordinaire. Les Stances de Dzyan et les préceptes d’or de La Voix du Silence font partie de la même série d’Instructions Occultes et s’ils mettent l’accent sur un enseignement plus qu’un autre, c’est sur les dangers d’une vie de connaissance et de dévotion, de sagesse et de pureté, qui soit en même temps dépourvue d’altruisme actif et positif.

         Nous pouvons affirmer sans hésitation qu’une personne qui n’est pas altruiste de façon active ne comprendra pas complètement les enseignements contenus dans La Doctrine Secrète. Elle restera un livre hermétique malgré la compréhension supérieure et les perceptions intuitives, à moins de les utiliser conjointement sur le plan de l’action. Ce qui différencie un Théosophe d’un étudiant de la Théosophie c’est cet altruisme. Dans La Clef de la Théosophie il est dit « est théosophe, celui qui pratique la Théosophie » - pas celui qui pense, étudie, ressent, mais pratique. Parlant des membres assermentés de son école ésotérique, H.P.B dit « qu’il doit devenir un altruiste parfait » (Clef. p. 15). Ses écrits sont saturés de cet enseignement concernant l’altruisme et il n’est pas nécessaire de continuer à la citer sur ce sujet. « Le seul palliatif aux maux de la vie est l’union et l’harmonie – une Fraternité dans les actes et un altruisme qui ne le soit pas simplement de nom. »(4) (D.S., I. 644). Cependant qu’il soit bien clair que cet altruisme a sa fondation sur le roc de la connaissance des principes universels et sur la dévotion à la Loi dont ils sont les aspects manifestés. S’il y a un danger dans l’étude intellectuelle, si la dévotion inférieure, à laquelle il a été fait référence, implique des risques, la vie de charité et de service projette aussi sur l’âme une fascination particulière. L’altruisme produit par le mental inférieur et nourri par la dévotion inférieure n’est pas le véritable altruisme. Les activités du mental inférieur animent notre nature passionnelle – qui n’est pas toujours, ni nécessairement mauvaise - et nous incitent à des actions qui deviennent très souvent, sous les impacts de la civilisation, philanthropiques et altruistes. Le mental, libéré des assauts de Kama, reçoit l’énergie de la raison-compassion, ou Buddhi, et ainsi uni, est immergé dans l’âme par le Soi du Pouvoir Créateur, qui est le véritable acteur. L’altruisme supérieur se manifeste alors et sa charité n’est plus seulement et uniquement généreuse, c’est un altruisme qui permet à l’homme de se débarrasser de sa béquille de dépendance et de se tenir debout seul avec confiance. A partir de là nous allons voir comment ces trois pouvoirs de l’Esprit doivent œuvrer conjointement, si la Vie - Esprit doit prédominer.

         Pour explorer la Terre Sacrée de La Doctrine Secrète, nous devons porter les armes de l’altruisme, de l’intuition et de la perception des principes universels. Celui en qui ces trois qualités n’existent pas, ne sera vraisemblablement pas attiré par cette aventure, mais s’il devait commencer le livre, il n’en recevra ni l’énergie ni la spiritualité, quand bien même son mental serait charmé et captivé.  Ceux qui possèdent ces facultés dans une certaine mesure et qui désirent les exercer, ou ceux qui désirent sérieusement les développer sont les bienvenus pour participer à cette expédition et nous pouvons leur promettre d’ores et déjà une riche récompense.

                                                                                                                  (A suivre)

________________________

1 De Puja (S.k) offrande.

2 Le désir de vivre, qui cause les réincarnations.

3 Le libéré.

4 Traduction, l’Océan de Théosophie, chap. XI, p. 103

Repost 0
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 16:01

La voie du mental supérieur

(Revue Théosophie – volume I, n°9 – extrait d’une conférence donnée à la L.U.T. de Bombay, Inde)

Regardez l’humanité autour de nous : c’est comme l’espace où tant de places différentes existent. Quelle variété d’intelligences, mauvaises ou supérieures, nous environnent !

Il y a l’intelligence de bas étage, pleine de boue ; il y a l’intelligence indigente remplie de pauvreté et de maladie, et l’intelligence abrutie et droguée comme dans une fumerie d’opium ; et l’intelligence belliqueuse comme un débit de liqueurs ; et l’intelligence pareille à une rue non balayée, pleine de bouts de papiers et de pelures de fruits, une image de malpropreté ; puis, il y a l’intelligence urbaine, vive, aiguisée et combative, ainsi que l’intelligence villageoise, simple, sans sacrifices et nette. Ces endroits où résident le mal et la mauvaise santé sont en nous et la ville et le village sont aussi en nous-mêmes. Nous devons nettoyer nos rues, et abolir les débits de liqueurs et les fumeries d’opium de notre propre mental mauvais. Mais n’en faisons pas un mental désert, vaste et net, mais stérile, où les tempêtes s’élèveront fatalement.

Que nos intelligences soient comme un beau jardin, un splendide verger où l’on sent de la joie, où l’on récolte de la nourriture. Que nos intelligences soient comme des mines profondes, dans lesquelles se découvrent les diamants de la pureté, les rubis du pouvoir, les émeraudes enchanteresses, les saphirs qui inspirent. Que nos intelligences soient comme des pics montagneux d’une hauteur prodigieuse d’où  nous pourrons découvrir des milles de territoire, et dont les beautés imposantes seront aussi perçues par les hommes à des milles de distance.

Ces pics montagneux sont les Maîtres de l’Intelligence, tous fils de Vohu Mano (les bonnes pensées), tous possesseurs de la vision supérieure. De tels Maîtres de l’Intelligence furent Zarathustra et Jésus, Lao-Tze et Confucius, Rama et Krishna, Bouddha et Shankara. Levons les yeux et contemplons la gloire de ces montagnes majestueuses. Quelle chaîne sublime et vertigineuse forment-Ils ! Louons-les par la silencieuse répétition de saintes pensées, courbons la tête en une vraie invocation avec confiance, grâce à une conviction intérieure basée sur la connaissance, de sorte que Leur bénédiction puisse venir éclairer notre propre intelligence, et que nous aussi puissions devenir, en temps voulu, les possesseurs de la Sagesse supérieure et de la Compassion, possesseurs du Mental Supérieur.


Repost 0
3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 09:05

Individualité et personnalité (suite et fin)

 

 Les Instructeurs divins, nos Frères Aînés, savent très bien par quels types d’angoisses nous passons et quelles en sont leurs causes, car Eux aussi sont passés par là. Ils n’ont pas été transportés sur les hauteurs qu’Ils occupent actuellement, mais ils les ont atteintes par des efforts auto-induits et auto-déterminés, et grâce à la foi dans l’Esprit en eux et en leurs Instructeurs. Il n’est donc pas surprenant, que La Voix du Silence demande de « Tuer en toi-même tout souvenir d’expériences passées. Ne te retourne pas ou tu es perdu. » [p. 32]. Car la mémoire n’est jamais rien d’autre que le regard porté en arrière sur le chemin parcouru, alors que la Voie se trouve toujours au devant. « Garde tes yeux fixés sur le But » est une autre manière d’exprimer le côté positif du même conseil. Mr Judge dit que la « réalisation vient en se reposant sur l’objectif à réaliser ». Nous ne pouvons avoir d’idées correctes sur le Soi en nous reposant sur des idées fausses, et la Personnalité est cet agrégat d’idées fausses que chacun de nous a acquis par l’hérédité, l’éducation, l’entourage, et par des enseignants peut-être plus instruits, mais néanmoins aussi ignorant que nous de l’Âme et de l’Esprit.

Le sujet qui embrouille et confond le plus les étudiants théosophes est celui de comprendre la différence entre Individualité et Personnalité. Il est curieux et important de noter que dans la plupart des questions que nous nous posons ou que nous posons aux étudiants plus anciens de la grande philosophie de la Théosophie, nous désirons savoir « quelle est la différence entre ceci et cela ? » et non pas de savoir d’où vient la différence, ou qu’y a-t-il de commun entre les choses qui paraissent différentes. Comme la Théosophie enseigne l’Unité, toutes les différences doivent être relatives et non absolues. Comme les deux lignes d’un angle, dont la différence s’articule autour d’un point commun.

La Théosophie nous dit que « nous » sommes : Esprit, en premier, en dernier, et toujours. La perception et la réalisation complète et entière de cela constitue l’Individualité. C’est la Soi-conscience complète et totale ; pas comme nous sentons, expérimentons, et pensons qu’elle est, mais comme les grands Instructeurs la connaissent. Ils savent, car Ils réalisent en permanence, que la réalité du Soi est distincte de toutes les expériences, déconnectée de toutes les choses matérielles, et séparée de l’intelligence.

Nous, au contraire, nous continuons à penser à l’Âme en termes de telle ou telle expérience ; à l’Âme liée à un corps particulier ; ou associée à un ensemble d’idées d’un genre ou d’un autre. Ainsi, nos actions et nos pensées sont basées sur cette fausse idée d’identité. Nous sommes conscient du Soi, mais nous pensons qu’il dépend de ce corps, de ce mental, de cet ensemble d’expériences. Ou, si ce n’est pas le cas, qu’il dépend d’un autre genre de corps, de mental, ou d’expériences. Ou encore, nous pensons penser qu’il faut quitter ou détruire le corps, le mental, les expériences, afin d’atteindre à la connaissance de l’Âme. Toutes ces idées, avec leurs applications et implications sont erronées. Ce sont des créations qui découlent de l’ignorance de l’Âme et de l’Esprit, et le seul qui peut les détruire, est celui qui les a générées, adoptées et entretenues.

Nous ne pouvons les détruire qu’en percevant, adoptant et pensant fermement à l’idée que nous sommes le créateur, le préservateur, le destructeur. Car pour chacun de nous, toute la connaissance se trouve en nous-mêmes ; toute l’ignorance et l’erreur est également en nous-mêmes. Nous sommes, ni la connaissance, ni l’ignorance. Elles font notre Intelligence ou son absence. Ce que tout être peut connaître de Dieu, de l’Âme, ou de l’Esprit doit être trouvé par la réflexion sur le Soi – sur le Soi dans ce corps ou tout autre corps, dans cette forme ou dans toute autre forme.

L’Individualité est le sentiment du Soi, et de l’Identité du Soi dans chaque forme. Le terme signifie indivisé et indivisible. Les Maîtres vivent dans l’Esprit – ils ont le sentiment et la perception du Soi en toutes choses et dans tous les mondes. Ils perçoivent tous les types de corps, d’actions, et d’idées. Ils s’en servent, mais n’y sont point attachés ; ils n’en dépendent pas. Ils perçoivent que toutes les différences ont leur origine, leur vie et leur fin dans l’action et l’idée, mais derrière les deux, il y a l’immortel, le non-né, l’Esprit « ancien, constant et éternel ».

Nous avons entendu dire que, « l’Individualité est ce que nous sommes ; la personnalité est ce que nous pensons être ». Il y a tout un monde de signification dans cette maxime, de même que dans celle-ci provenant de la même source : « Il n’y a rien d’autre que le Soi. Le Soi n’agit qu’à travers les créatures. Agit pour et comme le Soi ».

Nous-nous développons des idées sur le Soi, et demeurons sur ces créations. Nous conservons ces idées tant que nous les trouvons utiles, et nous les utilisons pour d’autres créations. Nous abandonnons ces idées quand nous les trouvons inutiles et les remplaçons par d’autres. Ce processus de continuelle, création, préservation et destruction, est l’évolution. Il s’accomplit, ou pas, dans l’ignorance et l’incapacité d’appréhender le Soi. Pour les Maîtres, l’évolution se poursuit comme pour nous, mais pour eux, c’est un processus toujours conscient. Nous passons, comme les Maîtres,  par chaque expérience de création, préservation et destruction, mais en nous, il y a plus ou moins d’incompréhension et de confusion. Nous sommes pris dans les déroulements ou les conséquences de nos actions, et, la souffrance et le chagrin s’ensuivent pour nous et les autres. « Quand il investit Prakriti [la matière] par tous types d’actions, l’Esprit expérimente les qualités qui procèdent de Prakriti ». Nous pensons que les « qualités, » c.-à-d., « les bonnes et les mauvaises expériences humaines » proviennent de l’Esprit, alors que les Maîtres savent « qu’elles procèdent des actions ». Si nous comprenons cela nous « serons à jamais libérés » des formes d’actions qui en proviennent et plus jamais nous seront « pris, » c.-à-d., enchaînés, par les « actions et leurs conséquences ».

La « différence » entre l’Individualité et la Personnalité est la différence entre une perception vraie et une perception fausse, ou erronée, du Soi. Nous ne pouvons pas entretenir les deux points de vue en même temps : « Le soi de la matière et le Soi de l’Esprit ne peuvent jamais se rencontrer. » (La Voix du Silence p.27). Un Maître est celui en qui est détruit toute possibilité de perception fausse ou erronée du Soi. L’être humain qui s’efforce de dissiper le faux et d’acquérir la vraie perception, est un disciple, et tous ceux qui le sont bénéficient de l’aide des Maîtres, des deux côtés, extérieur et intérieur, qu’ils soient reconnus ou non.

Repost 0
2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 09:06

Paroles de Sagesse Spirituelle

 

Il n’y a qu’un moyen d’accéder sûrement à la Sagesse Spirituelle, et plus d’un écrivain hermétiste font allusion à l’étude particulière qui y conduit. L’un d’eux, l’alchimiste arabe Alipili, en parle ainsi : « Je t’avertis, qui que tu sois, qui désires te plonger dans les parties les plus profondes de la nature ; si ce que tu cherches tu ne le trouves pas au-dedans de toi, tu ne le trouveras jamais au dehors. Si tu ne connais pas l’excellence de ta propre maison, pourquoi chercher l’excellence d’autres choses ?...Oh, Homme connais-toi toi-même, en toi est caché le Trésor des Trésors » — H.P.Blavatsky (Isis Unveiled, II, pp. 617-618).

———————————

« Il n’y a pas de Religion supérieure à la Vérité » H.P.Blavatsky (La Doctrine Secrète).

———————————

« Homme connais-toi toi-même » Socrate.

——————————— 

« Jamais je ne chercherai ni ne recevrai le salut privé individuel. Jamais je n’entrerai seul dans la paix finale. Mais toujours et partout je vivrai et lutterai pour la rédemption de chaque créature à travers le monde ». [Serment attribué à Kuan Yin, vénérée en Chine bouddhiste comme la déesse de la Compassion.] — Notes sur la Bhagavad-Gîtâ ; éd. Textes Théosophiques.

——————————— 

‘‘ Le Bonheur ne peut exister là où la Vérité est absente  ’’

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             

Repost 0
15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 09:57

Les signes de notre cycle

(Article de W. Q. Judge, paru dans la revue The Path, de décembre 1892, et publié en français dans la revue Théosophie, en 1927, vol. III, n° 1)

Les hommes de toutes les nations, de toutes les parties du monde, s’attendent depuis de nombreuses années, à ce que quelque chose qu’ils ignorent mais qui serait d’une nature importante, se produise, dans les affaires du monde. Les Chrétiens dogmatiques à la lettre, suivant les vagues prophéties de Daniel, sont sans cesse dans l’attente du retour du Christ. Il ne s’est pas encore produit, bien qu’il ait été prédit pour presque chaque année paire, et surtout pour l’an 1.000, 1.500, 1.600, 1.700, 1.800, et maintenant pour l’an 2.000. Les Indiens eux aussi avec leurs danses des revenants, ont célébré, il y a peu de temps, l’attente du retour de leur Messie.

Les Théosophes également, en se basant sur les anciens, et en s’appuyant plus ou moins sur les paroles de H.P. Blavatsky, n’ont pas manqué de discuter des signes des temps.

Mais les idées théosophiques à ce sujet sont basées sur quelque chose de plus défini que les divagations de quelque prêtre biblique. Nous croyons aux cycles et à leurs influences sur les affaires humaines. Nous pensons que la loi des cycles a été étudiée par les anciens durant de nombreux âges, et que ces observations ont été consignées ; de plus, en nous conformant à l’expérience quotidienne montrant le retour périodique des cycles, et en considérant que la réincarnation est la loi absolue de la vie, nous nous sentons confiant de notre bien fondé.

Le cycle actuel est désigné du nom d’âge obscur ; en sanscrit, Kali-Yuga, ou, âge noir. Cycle sombre parce que la spiritualité est presque totalement obscurcie par le matérialisme et l’intellectualisme. En se déroulant au sein des choses matérielles, et étant essentiellement régi par le mental séparé de l’esprit, il permet le progrès physique et matériel, mais entrave le spirituel. C’est dans ce sens qu’il est le Kali-Yuga. Les Théosophes de tous temps ont considéré que la perte de la spiritualité correspondait à un état de mort et d’obscurité ; et le simple progrès matériel n’est pas en lui-même un signe d’avancement réel, et il peut avoir avec lui les éléments susceptibles de l’arrêter et le détruire. Notre âge fait preuve de toutes ces caractéristiques de façon frappante dans les civilisations occidentales. Nous avons fait de grands progrès dans la conquête de la nature, dans les arts mécaniques, dans l’habileté à satisfaire notre amour du luxe, dans la précision et la puissance des armes faites pour détruire la vie. Mais à côté de cela, nous avons la misère, le mécontentement et les crimes ; de grandes richesses aux mains de quelques-uns, et une pauvreté opprimante accablant le grand nombre.

Comme l’intellect guide ce progrès dans les choses matérielles, nous devons à présent envisager le peuple commun, qui s’est libéré des chaînes qui l’entravaient depuis si longtemps. Il n’échappe pas à la loi générale. Depuis qu’il est libéré, il sent plus durement l’effet des chaînes des circonstances. Par conséquent, il s’ensuit que pour les humains la caractéristique du cycle actuel est : l’inquiétude. Ceci fut signalé dans le Path, (vol. I, p. 57, avril 1886), en ces termes :

« La seconde prophétie est plus proche de nous et peut être intéressante : elle concerne les changements cycliques. Nous sommes dans une période de changements, et nous nous référons aux colonnes du Sun (où récemment on notait et discutait des fameux magnifiques couchers de soleils) pour trouver les mêmes pronostics… “Ce beau pays libre, ne restera pas longtemps calme ; l’inquiétude est la marque de ce cycle. Le peuple se soulèvera. Pourquoi, qui peut le dire ? L’homme d’État qui pourrait prévoir la cause de ce soulèvement, pourrait prendre les mesures nécessaires en vue de l’éviter. Mais aucune précaution ne pourra détourner la roue de fer du sort. Et même la ville de New-York ne pourra pas montrer du doigt Cincinnati et St. Louis. Que ceux qui peuvent entendre le murmure et le bruit des nuages qui s’amoncellent sur l’avenir, prennent note ; qu’ils lisent, s’ils savent le faire, la physionomie des États-Unis sur laquelle la main puissante de la nature a tracé les sillons précisant le caractère des tempêtes morales qui s’abattront, quelle que soit la législation”. »

Peu de temps après survinrent les émeutes de Cincinnati, et New-York avait été prévenue comme d’autres villes que ces troubles dans l’Ohio ne seraient pas les derniers. Et voici qu’en  1892, exactement six ans après notre prophétie, trois grands États de l’Union sont en effervescence avec les pauvres et les riches armés les uns contre les autres. En Pennsylvanie, il y a une quasi guerre civile dans une grande usine ; New-York rappelle sa milice pour étouffer des émeutes ouvrières, et protéger la propriété des entreprises qui n’ont pas su inspirer l’amour à leurs travailleurs ; et le Tennessee envoie l’armée et des volontaires pour combattre quelques milliers de mineurs armés qui s’opposent à ce que des “transgresseurs de la loi” soient autorisés à faire le travail et s’approprier le salaire des citoyens. Nous ne nous occupons pas des droits ou des torts de l’une ou de l’autre partie dans ces conflits, mais uniquement des faits. Ce sont là quelques signes moraux de notre cycle et ils confirment les prévisions des Théosophes au sujet des troubles moraux, mentaux et physiques. La terre elle-même donne des signes d’instabilité, faisant surgir une île en un endroit, réveillant des volcans endormis depuis longtemps, causant des tremblements de terre en des lieux inaccoutumés, comme par exemple au pays de Galles et dans les Cornouailles. Ces faits sont des signes.

Le cycle se termine, et partout l’inquiétude règne. De même que des pays disparaîtront ou seront transformés, de même les idéaux des hommes changeront. Et comme notre civilisation est basée sur la force et le manque d’une vraie philosophie, la nouvelle race, en Amérique, montrera plus rapidement que toute autre, l’effet des enseignements erronés et de la religion corrompue.

Cependant une ère nouvelle et meilleure  fera suite à la colère et aux troubles ; mais la douleur qui accompagne toute naissance ne pourra être épargnée.

 

Repost 0
30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 19:24

La Théosophie serait-elle réservée à une élite ?

(Passage tiré de la revue américaine Théosophical Forum de Juillet 1895. Traduction en français, parue en 1927, dans la revue Théosophie, Volume 2, n°12) :

Questions : Est-ce que les doctrines théosophiques s’adressent aux classes cultivées ? Devrions-nous les promulguer aux gens cultivés et  « respectables », ou bien à ceux d’un rang inférieur ?

Réponse de W.Q. JUDGE : Si les doctrines théosophiques sont d’un intérêt quelconque pour l’humanité, elles doivent s’adresser à tous ; pauvres et riches, instruits ou non, jeunes ou vieux. Certains pensent que ces doctrines ne peuvent êtres comprises que par les gens instruits et cultivés ; que l’on devrait consacrer notre attention à eux, aux érudits scientifiques, et à ceux qui ont une grande réputation dans le monde. Car, ils soutiennent, que si nous pouvions les intéresser, nous pourrions influencer plus rapidement les autres.

Mais qu’est-ce que l’expérience a prouvé ? Tout simplement que les gens cultivés, respectables et savants, ont raillé la Théosophie, et ils n’y auraient jamais prêté attention s’ils n’y avaient été obligés. Un très éminent scientifique, le Prof. Crookes, fut membre de la London Lodge, à son début, mais cela a été sans bénéfice pour le mouvement. De nombreuses tentatives ont été faites dans les salons mondains, mais elles n’ont guère donné de résultat ; et pas assez pour justifier la dépense d’énergie et de temps. La promulgation de la théosophie s’est poursuivie en dépit de la grande opposition et de la froideur des classes soi-disant « meilleures ». Il est vrai que les classes ouvrières et laborieuses ne l’ont pas encouragée, pas plus qu’elles n’en connaissent grand’ chose ; et cependant, cette partie mal définie des classes laborieuses, appelée parfois la « classe moyenne », a été son grand propagateur et soutien.

Quand à la possibilité de comprendre ces doctrines, je pense que cela est aussi facile pour celui qui est instruit, que pour celui qui ne l’est pas. En vérité, dans certains cas, une trop grande instruction a été une entrave ; et une étude trop intellectuelle de la Théosophie aboutit à l’incompréhension et à la violation du principe de Fraternité. Le but et l’intention de la Théosophie dans le monde n’est pas d’œuvrer à l’avancement d’une minorité intellectuelle, mais à l’amélioration de toute la condition humaine par la pratique de la Fraternité. Les doctrines théosophiques montrent ce qu’est la Fraternité, et comment la mettre en pratique, et si nous ne la pratiquons pas, nous échouons. La fraternité est susceptible de se développer plus facilement dans les classes inférieures que dans les classes supérieures, car l’on ne peut pas dire que les conditions présentes – y compris dans les régimes étrangers – soient dues aux classes supérieures, élevées et instruites.

Toutefois — et c’est là le devoir des Théosophes éduqués — il est nécessaire d’expliquer clairement les doctrines aux classes non éduquées afin qu’elles puissent les saisir. Et lorsqu’on les aura expliquées, on s’apercevra que c’est par la pratique seule, qu’elles peuvent êtres comprises. Nous ne devons pas oublier, dans tout cela, qu’en Amérique, il y a peu de gens illettrés, et il est donc plus aisé dans ce pays d’y répandre la Théosophie parmi les masses. Et l’histoire passée, comme les faits  présents, le prouvent largement.

W.Q. Judge

Repost 0
16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 16:47

ÉTUDES DANS LA DOCTRINE SECRÈTE

                          VIII – L’ÉTHIQUE

[Traduction du chapitre “Ethics” de l’ouvrage Studies in the Secret Doctrine, de B.P. Wadia – Éd. Theosophy Compagny Mumbai – Inde]

 

 « Un grand intellect et trop de connaissance sont une arme à double tranchant dans la vie, et des instruments pour le mal autant que pour le bien. Pour celui qui les possède quand ils sont combinés avec l’Égoïsme, ils font de l’Humanité un marchepied pour s’élever et un moyen pour atteindre ses objectifs ; tandis qu’utilisés à des fins altruiste et humanitaire, ils peuvent devenir les moyens de salut du grand nombre. » S.D., II, 163.

Il existe un rapport intime entre la métaphysique et la morale. Notre civilisation ne le reconnaît pas. Mais la Théosophie le sait. Le métaphysicien moderne se livre à de savantes spéculations et des abstractions qui n’ont aucune portée éthique. Dans le mental populaire, l’éthique est apparentée aux religions, et on parle tout naturellement de l’éthique chrétienne, de l’éthique hindoue, etc... En réalité, la religion fait peu de différence en ce domaine, et chacun sait qu’il existe des gens moraux, peu moraux, et immoraux dans toutes les religions. Chaque religion, sans exception, a perdu sa pureté et son caractère universel d’origine. Une des principales causes de cette dégradation est le divorce entre la métaphysique et l’éthique. Quand la vraie philosophie, qui traite des fins cosmiques et qui révèle la relation indissoluble et intime entre l’univers et l’homme, cesse d’être l’âme de l’éthique nous avons de faux principes moraux. Ainsi dans l’église chrétienne, qui n’enseigne plus la philosophie des grands Gnostiques, l’éthique sublime de Jésus n’est plus possible en pratique. C’est une des interprétations de ce dicton si vrai : « Plus près de l’église, plus loin de Dieu ». Le même phénomène se retrouve parmi les fervents des autres religions ; l’hindou orthodoxe ne peut pratiquer les principes éthiques de la Gîtâ et demeurer orthodoxe ; on peut en dire autant du Zoroastrien orthodoxe vis-à-vis des Gathas. Comment un homme pourrait-il éviter de polluer les choses qui sont dans et de l’espace s’il n’a pas reçu quelques enseignements sur l’espace sans limite, dont il est une expression ? Comment un homme peut-il concevoir l’immortalité et comprendre qu’il est sans naissance et ne mourra pas, si on ne lui a rien enseigné sur la durée éternelle, et sur l’enchaînement sans fin des cycles ayant un début et une fin ? Comment un homme peut-il aller de l’avant avec confiance, en luttant contre ses propres défauts, s’il ne perçoit pas que la Vie est le Grand Souffle, le Mouvement Perpétuel, qui développe et éveille à une perfection toujours plus élevée, et qu’il est lui-même le créateur de sa destinée ? Dans une étude précédente (Voir article « Désapprendre pour apprendre ») nous avons vu comment l’enseignement erroné sur un dieu personnel conduit à une appréciation fausse de la personnalité humaine, qui développe le vice de l’égotisme. De même, on peut démontrer que les vices et les faiblesses humaines sont nés de l’ignorance de la philosophie, et que plus d’une vertu, hautement recommandée par le sectarisme, n’est pas de la vertu.

Une des missions de la Théosophie est de redonner à l’humanité moderne les principes moraux qui sont les expressions fidèles des idées métaphysique. De montrer, par exemple, comment les idées de l’immanence de Dieu et de la fraternité humaine, sont respectivement des expressions philosophiques et éthiques, d’une seule et même vérité. Chaque grand livre théosophique, comme la Bhagavad-Gîta ou le Tao-Té-King, enseigne les idées et les principes métaphysiques et éthiques, et leurs liens.

Le message exotérique et ésotérique d’H.P.B. est basé sur les Anciennes Annales de l’humanité (Voir article « Qu’est-ce que la Théosophie »), et ce message porte à la fois sur l’éthique et la métaphysique et sur leur intime relation. Les Stances de Dzyan, sur lesquelles La Doctrine Secrète est basée, et le Livre des Préceptes d’Or, dont des fragments composent La Voix du Silence, peuvent être respectivement considérés comme l’aspect métaphysique et l’aspect éthique du message. Dans la préface de ce petit joyau “Dédié au Petit Nombre”, H.P.B. écrit :

« L’ouvrage dont je traduis ici des fragments fait partie des mêmes séries que celles d’où sont emprunté les “Stances” du Livre de Dzyan, sur lesquelles est basée de La Doctrine Secrète. »

La métaphysique joue un rôle très important dans l’étude de La Doctrine Secrète, ainsi que nous l’avons montré dans l’article précédent (Voir article « La Métaphysique »). Mais ce serait une très grave erreur que de croire que la philosophie peut être comprise sans la pratique de ses principes moraux. L’éthique de la Théosophie est l’instrument même à travers lequel on peut percevoir les fins cosmiques ultimes. De même qu’un homme ivre ne peut voir la vraie perspective de ce qui l’entoure, de même un homme débauché et dissolu ne peut pas avoir de vision exacte du cosmos qui l’environne. C’est parce que le savant moderne affirme que ses pouvoirs d’observation et de compréhension n’ont rien à voir avec la vertu, la bonté et la moralité, qu’il ne peut pénétrer au-delà de la surface des apparences. C’est parce que le philosophe moderne ne fait pas de lien entre son activité mentale et son caractère moral, que ses abstractions métaphysiques et ses équations mathématiques ne lui permettent pas de supporter avec égalité d’âme un mal de dents !

Donc, alors que les religions échouent parce qu’elles essaient de prêcher l’éthique sans la philosophie, de leur côté la science et la philosophie échouent parce qu’elles essaient d’inculquer la connaissance sans tenir compte des principes moraux et éthiques. La division entre le religieux et le laïque continuera aussi longtemps que durera le divorce entre la morale et la métaphysique. La Théosophie peut seule franchir ce gouffre.

La Doctrine Secrète enseigne que les vices sont un phénomène anormal à notre époque. S’il n’est toujours pas possible à l’homme de manifester ses pouvoirs divins, il peut, tout au moins, exprimer sa nature humaine. Au lieu de cela, nous voyons partout la primauté de l’animal. Voici ce que dit H.P.B. :

« En résumé, la Spiritualité est sur son arc ascendant, mais l’animal ou le physique en retarde le progrès continuel sur le chemin de l’évolution quand l’égoïsme de la personnalité infecte si profondément l’homme réel intérieur de son virus mortel, que l’attraction pour le haut a perdu tout son pouvoir sur l’homme raisonnable et pensant. En vérité, le vice et la méchanceté sont une manifestation anormale et contre nature, en cette période de notre évolution humaine – du moins ils devraient être traités ainsi. Le fait que l’humanité n’a jamais été aussi égoïste et vicieuse que de nos jours – les nations civilisées ayant réussi à faire de l’égoïsme une caractéristique éthique, et du vice un art véritable -– est une preuve de plus de la nature exceptionnelle du phénomène » (S.D., II, p. 110).

Quel est le tout premier pas que doit faire l’étudiant qui désire assimiler la philosophie et l’éthique qui sont des aspects de la Religion-Sagesse, ou de la Théosophie ? Il doit reconnaître l’unité sous-jacente entre les lointains confins cosmiques et les relations humaines qui sont à la portée de sa main. Pour comprendre et assimiler la moralité métaphysique et la philosophie éthique, l’étudiant doit commencer par sentir dans son cœur la vérité de ses perceptions mentales. Il doit apprendre à voir les pouvoirs divins en lui, et à percevoir en lui son Dieu Intérieur – homme-Dieu dans sa véritable nature, bien qu’animal dans son soi physique. La lutte entre les deux natures est la lutte pour la vie entre le spirituel et le psychique, le psychique et le physique. Le but de cette lutte doit être aussi perçu : celui qui conquiert les principes inférieurs par la parfaite maîtrise du corps, s’unit aux Fils de la Lumière. Celui qui tombe victime de sa nature inférieure, devient l’esclave de la matière ; il succombe dans la bataille entre la vie mortelle et la Vie Immortelle. L’étudiant est prié de lire attentivement la page 272 du IIe volume de La Doctrine Secrète, et noter combien ce passage d’H.P.B. s’applique à nous-mêmes et à notre condition actuelle, et comment il peut trouver une nouvelle interprétation à cette phrase que le disciple doit regagner l’état d’enfance qu’il a perdu.

Plus tard, nous examinerons les principes fondamentaux de la morale philosophique, tels qu’ils sont exposés dans ce grand livre.

____________________

Repost 0

Présentation

  • : ULT Afrik
  • ULT Afrik
  • : Réflexion, spiritualité vivante, conférences et réunions d'étude sur la Théosophie de Blavatsky. Enseignement lois de karma et de réincarnation. La mort. Vie intérieure et méditation. Fraternité universelle. Devoir ou dharma.
  • Contact

Recherche